Notes de lecture. Louis de Bonald, Réflexions sur l’accord des dogmes de la religion avec la raison

Mise en ligne de La rédaction, le 5 mars 2015.

Louis de Bonald, Réflexions sur l’accord des dogmes de la religion avec la raison, édition établie par Vincent Bouat, présentée et commentée par Jean-Yves Pranchère, préface de Jean de Bonald, Paris, Cerf, 2012.

par Matthieu Lenoir

[ EXTRAITS DU NUMÉRO 46 / FÉVRIER-AVRIL HIVER 2015 ]

Louis de Bonald

L’époque est à un laïcisme aussi radical qu’inopérant. À l’heure où l’État islamique en Irak draine des milliers de petits Européens convertis ou reconvertis au mahométanisme le plus schizophrénique, à l’heure où l’État israélien réaffirme sa judéité et la fait respecter à coups de tirs de blindés contre le coranisme du Hamas, à l’heure où l’Inde innombrable est gouvernée par un parti hindouiste militant, à l’heure où la France est saisie d’un réveil catholique qui réunit plus d’un million de personnes dans la rue contre les triturations sociétales de la secte socialiste, en cette modernité-là, les palinodies des loges maçonniques (a)gnostiques pour faire valoir leurs supposées lumières tournent à la pure farce. Un récent rapport, signé par Madame Dounia Bouzar, anthropologue membre du Centre français de prévention des dérives sectaires liées à l’islam, révèle que 80% des familles qui avaient fait appel aux autorités françaises pour sauver leurs enfants partis pour le jihad en Syrie – en fait participer à une entreprise de massacre ethnico-religieux assimilable à des crimes de guerre ou contre l’humanité – appartenaient au milieu éducatif et étaient athées. L’enseignement du vide débouche sur le vide de l’Enseignement. La mort guette.

Les grands basculements historiques ne s’appréhendent qu’avec le recul du temps. L’instant politique est toujours obscurci par le passé récent, comme le deuil voile l’espérance. Les élites croient vivre et penser alors qu’elles recyclent et ressassent. Leurs projections sont autant de souvenirs. Cette fermeture est particulièrement nette chez les responsables politiques, éducatifs et médiatiques, dont l’intérêt personnel semble être de perpétuer plutôt que de continuer. Tous ont pour coutume de vanter et d’acheter le titre boursier qui a surperformé au cours des dernières décennies, ignorant crassement que la société qu’il évalue est déjà potentiellement morte.
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