Le rôle de la conscience en politique selon Joseph Ratzinger

Mise en ligne de La rédaction, le 27 mars 2023.

PAR RICHARD BASTIEN

[Conférence prononcée le 6 août 2022 dans le cadre des Conférences Jean-Jacques Olier de l’Institut de formation théologique de Montréal.]

On observe depuis longtemps une résistance croissante à la présence du christianisme dans la vie publique. En témoignent le refus de reconnaître les racines chrétiennes de l’Europe dans la Constitution de l’Union européenne et, plus près de nous, le rejet par les tribunaux canadiens de l’idée que la « suprématie de Dieu », explicitement mentionnée dans le préambule de la Charte canadienne des droits et libertés, soit juridiquement significative. Cette volonté d’occulter notre passé religieux a beau rendre incompréhensible vingt siècles d’histoire, rien ne semble pouvoir l’arrêter ! Comme l’a écrit C.S. Lewis : « Dans l’Antiquité, l’homme s’approchait de Dieu […] comme un accusé se présente devant son juge. À notre époque, les rôles sont intervertis. C’est l’homme qui juge et Dieu qui est au banc des accusés. » Force nous est donc de demander comment, aujourd’hui, un chrétien peut se lancer dans l’arène politique sans violer sa conscience. Je propose d’aborder ce sujet en analysant les réponses de Joseph Ratzinger aux deux questions suivantes :

– Comment le précepte « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » a-t-il permis la reconnaissance de nos libertés?

– Comment l’Église peut-elle aider la démocratie tout en évitant de s’engager politiquement? (…)