Le numéro 34 d’Égards est disponible
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
Sommaire du numéro 34
Hiver 2011-2012
Richard Bastien – Qu’est-ce que le relativisme moral ?
Nicolae Popescu – L’atrabilaire centenaire ou Cioran reconsidéré?
Jean Renaud – Trois entretiens sur la civilisation et la fin de l’histoire?
André Désilets – Pour un torysme catholique : l’œuvre de Jean Renaud
Patrick Dionne – Entailles VI
CHRONIQUES
Jean Gould, Luc Gagnon et Matthieu Lenoir – Notes de lecture sur Xavier Gélinas et Lucia Ferretti, dir. (Duplessis, son milieu, son époque), Paul-Émile Roy (Le mouvement perpétuel) et Michel Viot (De Luther à Benoît XVI)
DÉBATS ET POLÉMIQUES
David Solway – Résister en dépit de tout – Face à l’antisémitisme
Débats et polémiques : Résister en dépit de tout : face à l’antisémitisme (texte intégral)
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
par David Solway
[ EXTRAITS DU NUMÉRO 34 / HIVER 2011-2012 ]
Dans plusieurs de mes écrits récents, je traite de l’antisémitisme dans le monde contemporain. Que la bête hideuse se manifeste, non seulement dans les quartiers palestiniens, mais aussi à Oslo, Paris, Londres, Stockholm, Malmo, Copenhague, Vienne, Berlin, Varsovie, Washington, Toronto, Sydney, Caracas, Bruxelles, Amsterdam, ne devrait pas nous surprendre. De tout temps, les Juifs ont connu l’insécurité. C’est d’ailleurs ce qui les distingue du reste de l’humanité – le caractère particulier de leur « élection ». Où qu’ils soient, ils sont, en pensée ou en acte, diffamés, exclus ou menacés d’extinction. / Lire la suite… »
Qu’est-ce que le relativisme moral ?
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
par Richard Bastien
[ EXTRAITS DU NUMÉRO 34 / HIVER 2011-2012 ]
Le beau est affreux et l’affreux est beau,
Planons à travers le brouillard et l’air impur.
William Shakespeare, Macbeth
Il n’y a pas de faits, que des interprétations.
Friedrich Nietzsche
Si le relativisme signifie mépris des catégories fixes et des hommes qui se prétendent porteurs d’une vérité extérieure objective, alors il n’y a rien de plus relativiste que les attitudes fascistes.
Benito Mussolini
Le relativisme moral est une doctrine philosophique qui prétend que la véracité ou la fausseté d’un jugement moral est impossible à établir objectivement. Ses tenants affirment qu’il n’y a pas de vérité morale et que tout énoncé sur ce qui est bien ou mal relève de la subjectivité. La morale ne serait qu’une affaire d’opinion, parce que tout jugement moral serait invariablement et exclusivement tributaire de la culture dont il est issu. De sorte qu’il ne saurait y avoir de prescription morale universelle. À la fin, le jugement moral se réduirait à une évaluation partielle et partiale des conséquences d’un acte. / Lire la suite… »
L’atrabilaire centenaire ou Cioran reconsidéré : in Memoriam, 1911-2011
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
par Nicolae Popescu
[ EXTRAITS DU NUMÉRO 34 / HIVER 2011-2012 ]
Wer nie sein Brot mit Tränen aß…
Cioran aurait eu cent ans. Entré malgré lui dans un purgatoire des idées, qui guette à vrai dire tout écrivain dans l’immédiat de son décès – dans le deuil accompli de sa personne et de ses écrits –, Cioran, seize ans après sa mort, reste, uniment, impardonnable et impénitent. Aussi l’opinion oscille-t-elle entre adulation aveugle et remise aux gémonies. Ces deux réactions étant aussi intempestives l’une que l’autre, et prenant la mesure de la rumeur parfois sulfureuse, tantôt superficielle, sinon impolie, qui empèse, empaille ou embrume la teneur de son œuvre, il serait indiqué de tenter de cerner, en ce moment deux fois jubilaire, le sens de son effort. / Lire la suite… »
Trois entretiens sur la civilisation et la fin de l’histoire
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
par Jean Renaud
[ EXTRAITS DU NUMÉRO 34 / HIVER 2011-2012 ]
Première semaine : Civilisation
HOSTUS — Mon vieil ami, je suis heureux de vous savoir de retour. Je n’avais personne à qui parler. Vous êtes là. Quelle consolation ! Vous le savez, je me sens curieusement exilé dans ma propre patrie. Et, pourtant, imagine-t-on plus Canadien français de « souche » que ma petite personne. Mes lignées maternelle et paternelle remontent à l’époque de la Nouvelle-France, bien avant la conquête. Malgré ce lien de sang, une distance s’est établie et n’a cessé de s’élargir au cours de mon premier demi-siècle d’existence. Je n’apprécie guère ce que nous sommes devenus ; je ne m’y retrouve pas. Je peux à peine lire un journal, encore moins regarder la télévision. Le patriotisme a ses nuits obscures. Et il ne s’agit pas seulement de moi, de ce que j’aime ou non. Le patriotisme, lorsqu’il est une vertu et non une simple émotion, s’appuie sur une vérité nue et sans fard. Je veux voir mon pays tel qu’il est, sans succomber à la tentation de le grandir ou de le rapetisser. Mon malaise est plus radical. J’ai impression que cette civilisation naissante qu’on pourrait appeler « canadienne-française » existe de moins en moins, qu’elle se dissout petit à petit et n’est remplacée par rien, sinon par des parodies ridicules ou des pensums abstraits de professeurs. Nous ne sommes plus un peuple, mais un amalgame d’atomes, une agglutination de moi pour lesquels l’identité se résume à quelques sapins de Noël. Il reste la nature, cette beauté brutale, immodérée, le grand fleuve qui est devant nous, intact, et le froid, l’espace, quelques traces du passé, quelques germes à l’agonie, quelques amis dont vous. / Lire la suite… »
Pour un torysme catholique : l’œuvre de Jean Renaud
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
par André Désilets
[ EXTRAITS DU NUMÉRO 34 / HIVER 2011-2012 ]
Je n’appartiens pas à un monde qui disparaît. Je prolonge et je transmets une vérité qui ne meurt pas.
Nicolás Gómez Dávila
Au Québec, Jean Renaud figure parmi les rares philosophes qui me sont chers : dès que j’abordai ses écrits, j’eus la certitude d’avoir rencontré un allié, un proche, un ami dont l’œuvre renouvelle avec force et profondeur la grande tradition conservatrice, celle qui nous aide à tenir bon contre les assauts de la pensée moderne, « laquelle, dira-t-il dans ses entretiens avec Claude Marc Bourget, est de nature eschatologique, de nature à faire exploser le temporel, à l’épuiser, dans la mesure où elle veut le rendre semblable au spirituel ». / Lire la suite… »
Entailles VI
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
par Patrick Dionne
[ EXTRAITS DU NUMÉRO 34 / HIVER 2011-2012 ]
L’esprit a ses rois, ses princes, ses fous et ses valets.
Dans les rapports amoureux, ce qui est trop visible est suspect, comme ce qui ne l’est pas du tout.
La philologie désespère les lettres.
Impressions du XVIIIe siècle
Chamfort fait sourire, Diderot irrite, Kant assomme, Novalis élève, Rousseau exaspère, Lichtenberg fait rire, Sade ennuie, Voltaire amuse, Maistre foudroie. / Lire la suite… »
Notes de lecture. Xavier Gélinas et Lucia Ferretti, dir., Duplessis, son milieu, son époque
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
Xavier Gélinas et Lucia Ferretti, dir., Duplessis, son milieu, son époque, Québec, Septentrion, 2011
Par Jean Gould
Ce gros livre de plus de cinq cents pages est le fruit d’un colloque tenu à Trois-Rivières et à l’Assemblée nationale à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort du premier ministre Maurice Duplessis, le 7 septembre 1959. Il regroupe plus de vingt conférences, d’historiens pour la plupart, et trois témoignages d’acteurs de l’époque. / Lire la suite… »
Notes de lecture. Paul-Émile Roy, Le mouvement perpétuel. Itinéraire d’un Québécois candide dans la modernité (texte intégral)
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
Paul-Émile Roy, Le mouvement perpétuel. Itinéraire d’un Québécois candide dans la modernité, Montréal, Bellarmin, 2010.
Par Luc Gagnon
Le titre ne rend pas très bien le sens de l’œuvre. Le « mouvement perpétuel » renvoie à une conception païenne de la vie, alors que l’auteur défend une weltanschauung explicitement chrétienne, et donc orientée vers le Salut du Christ, au milieu de ce qu’il désigne comme la « Révolution moderne ». Il explique en ouverture la signification du titre en faisant référence à son père artisan, qui avait cherché à mettre au point une machine générant un mouvement continu. C’est un bel hommage, mais l’explication ne me convainc pas : cette machine serait à l’image de la vie, et de la vie de l’auteur, le mouvement dans la stabilité. Il aurait peut-être mieux valu utiliser une expression plus clairement chrétienne, comme « Stat crux dum orbis volvitur », d’autant plus que M. Roy se fait l’apologiste de la contemplation, de la vie spirituelle et intellectuelle. / Lire la suite… »
Notes de lecture. Michel Viot, De Luther à Benoît XVI.
Mise en ligne de La rédaction, le 21 janvier 2012.
Michel Viot, De Luther à Benoît XVI. Itinéraire d’un ancien franc-maçon, entretiens recueillis par Charles-Henri d’Andigné, Paris, Éditions de L’Homme Nouveau, 2011
Par Matthieu Lenoir
Il est des vies qui sont de véritables voyages dans le monde des idées. Celle de Michel Viot, successivement pasteur, franc-maçon et prêtre catholique, démontre que le « sentiment conservateur », cette tension de l’être vers la continuité et l’approfondissement – à l’opposé de la rupture et du ressentiment – naît où l’Esprit le souhaite mais prospère en l’Église catholique.
L’une des signatures les plus éblouissantes de la puissance divine réside dans ces entrelacs paradoxaux de l’histoire humaine. Fils d’un père instituteur « franc-maçon et catholique non pratiquant », le jeune Michel Viot choisit le luthéranisme pour accomplir sa vocation première, dans la confession d’Augsbourg. Il fut consacré le 5 mai 1968, au seuil de la pseudo-révolution qui marqua le début du règne nihiliste de la petite bourgeoisie intellectuelle sur la France. / Lire la suite… »






