La Russie entre politique et eschatologie (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 20 mars 2022.

Par Matthieu Lenoir

Notez bien la date de cette très belle étude de notre collaborateur Matthieu Lenoir (Michel Léon) sur la Russie de Vladimir Poutine : elle a été publiée il y a presque sept ans, en mai 2015, dans le numéro XLVII d’Égards. La fascination envers Poutine à laquelle s’est laissé prendre une partie de la droite française y est justement blâmée, sans que soient dissimulées les tares du libéralisme avancé. Aujourd’hui, l’agression sauvage de l’Ukraine ébranle, qu’on le veuille ou non, une culture conservatrice fatiguée, peu sûre d’elle-même, incertaine, oscillant entre une morne hébétude et un activisme effréné. Si l’on veut défendre avec intégrité et piété cette tradition réaliste et rationnelle, il importe d’en préciser les principes et de l’affranchir de certaines déviations théologico-politiques : le gnosticisme césaro-papiste oriental est un nihilisme qui recèle au moins un point commun avec la technocratie occidentale et les biens imaginaires qu’elle prodigue: sa négation de la nature du politique. Entre «l’absorption du pouvoir spirituel par les forces temporelles», que réalise selon Auguste Comte l’esprit révolutionnaire, et la fusion contre nature du spirituel et du temporel à laquelle ont succombé la Russie orthodoxe et l’islam (et qui tente également plusieurs mouvements évangéliques ainsi qu’un bon nombre de catholiques déçus), il existe, croyons-nous, un passage, une restauration possible, humble, modeste, mais réelle, qui consiste justement en un retour du politique, un ordre politique qui reconnaît le spirituel sans chercher à s’y substituer. Cette réflexion que le drame ukrainien rend urgente, nous la poursuivrons dans le prochain numéro d’Égards. En attendant, lisez, relisez et méditez ce magnifique essai.

J.R.

Voici seize années que Vladimir Vladimirovitch Poutine dirige la Russie. À la rigidité cadavérique de l’URSS avait succédé, de 1990 à 1999, une décomposition quasi organique. L’Union s’était fragmentée, la Russie était devenue un géant titubant à l’image de son président d’alors, Boris Eltsine. L’économie était revenue à l’état de troc, les entreprises payant leurs fournisseurs en poissons séchés ou en billots de bois. Les capitaux publics, récupérés par les nouveaux riches – anciens cadres de l’économie étatisée –, fuyaient par dizaines de milliards de dollars. L’alcoolisme faisait des ravages à l’échelle continentale, celle du pays. Les marges musulmanes basculaient dans la vésanie terroriste. La population décroissait de centaines de milliers d’habitants avec un taux de fécondité s’effondrant à 1,20 enfant par femme en âge de procréer, pour un taux de remplacement de 2,1. De 1990 à 2008, la population passa de 148 à 142,7 millions d’habitants, avec une baisse notable dans les parties les plus peuplées et urbanisées du pays, dans l’ouest européen.

L’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, d’abord comme premier ministre d’un Eltsine en fin de vie, en 1999, puis comme président, en 2000, a marqué un tournant dans l’histoire de ce pays aux dimensions planétaires. Poutine, KGBiste ayant voyagé, considérait que la dissolution de l’URSS avait été la plus grande catastrophe de l’histoire de la Russie. Manière au passage de reconnaître en l’URSS, prétendue libre association d’États, une forme accomplie de l’impérialisme grand-russe. Il imposa d’entrée un programme que l’on peut résumer ainsi:

– Élimination des opposants politiques dotés d’une assise économique, tel Mikhaïl Khodorkovski, jeune oligarque à la tête de l’empire pétrolier Ioukos, soumis au pire traitement après condamnation pour escroquerie et fraude fiscale et embastillé dix années durant;

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CONTRE-INDICATIONS (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 3 mars 2022.

Par Friedrich von Platen

L’ambition du Québécois : être un patient à vie.

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Biopolitique ? Non, psychopolitique.

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Je fais mon effort. Chaque fois que j’écoute les points de presse du gouvernement, je pique du nez.

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La médecine québécoise est atteinte d’une maladie incurable : le Collège des médecins du Québec.

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Certains experts affirment qu’avant de vacciner quelqu’un, il faut lui tordre le bras.

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PAS DE VEINE (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 15 février 2022.

Par Friedrich von Platen

Je n’ai jamais eu la piqûre des vaccins.

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Est-ce moi ? Il me semble que les aiguilles tournent de plus en plus vite.

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Apparemment l’industrie pharmaceutique manquait de bras.

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Parce qu’ils ont été vaccinés, certains croient qu’ils ont la veine médicale.

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L’économie se relèvera. Voyez tous ces gens qui retroussent leurs manches !

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Connaissez-vous le film de Fritz Lang, le Docteur m’abuse ?

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À la une d’un journal : « Bras de fer entre l’État et les non-vaccinés ».

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Il est piquant de constater qu’un vaccin ne fonctionne qu’à moitié. 

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Le numéro 63 d’Égards est disponible

Mise en ligne de La rédaction, le 16 décembre 2021.

Sommaire du numéro 63 – Automne 2021-Hiver 2022

Max Thorn – Défectuosité

Michel Léon – Libertés et autorité : La politique de Salazar

Jean Renaud – Une Église vacillante ? La messe en latin, Vatican II et le père Theobald

À la pointe du calame

Alain de Benoist – Pour le centenaire de Thomas Molnar 

Jean Renaud – La réaction, une idée neuve en Europe? Thomas Molnar

Le siècle, les hommes, les idées

Friedrich von Platen – Un nouveau Credo : Je crois en Moi

Luc Gagnon – L’abbé Yves Normandin (1925-2020) : le fidèle gardien du trésor sacré

Notes de lecture

André Désilets – Jean-Claude Larchet, En suivant les Pères. La vie et l’œuvre du Père Georges Florovsky

Nicole Gagnon – Michel Allard, Paul Aubin, Félix Bouvier et Rachel Desrosiers, Une histoire de la formation des maîtres au Québec

Débats et polémiques

Jean Gould – Le Diable de Saint-Hyacinthe : autour de T.-D. Bouchard

Défectuosité

Mise en ligne de La rédaction, le 16 décembre 2021.

[EXTRAITS DU NUMÉRO 63/AUTOMNE 2021-HIVER 2022]

William Blake: Newton

PAR MAX THORN

Il n’y a pas de rédemption pour les êtres de ton espèce, songea Porter en apercevant l’enseigne électrique à travers le rideau de pluie, de vent et de ténèbres. Ce qui vient du néant retourne au néant, se répéta-t-il. Et il accéléra.

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Libertés et autorité : La politique de Salazar

Mise en ligne de La rédaction, le 16 décembre 2021.

[EXTRAITS DU NUMÉRO 63/AUTOMNE 2021-HIVER 2022]

PAR MICHEL LÉON

Le 6 août 1938, un long entretien avec le président du gouvernement portugais António de Oliveira Salazar (1889-1970) parut dans l’hebdomadaire français L’Illustration. Le fondateur de l’Estado Novo avait été nommé ministre des Finances en 1928 par le président de la République Oscar Carmona alors que le Portugal vivait une crise financière gravissime le portant au bord de la banqueroute. De plus, le pays était fracturé entre une population massivement rurale, conservatrice et catholique, dont Salazar était issu, et une frange urbaine lisboète fascinée par les fortunes constituées pendant la première mondialisation, celle des / Lire la suite… »

Une Église vacillante ? La messe en latin, Vatican II et le père Theobald

Mise en ligne de La rédaction, le 16 décembre 2021.

[EXTRAITS DU NUMÉRO 63/AUTOMNE 2021-HIVER 2022]

PAR JEAN RENAUD

Ma première réaction, lorsque je pris connaissance du motu proprio du pape François Traditionis Custodes et de la lettre qui l’accompagne, fut la surprise. Une Église apparemment vaincue, lessivée, déshonorée, réussit en plus à se diviser davantage sans raison valable, par étourderie, autoritarisme, vanité, orgueil, que sais-je ? Notre pape dans cette affaire, songeai-je, a été aussi intransigeant que maladroit. Le mot cruauté me vint à l’esprit. Devrais-je m’en repentir ? Mais comment le pape François, même s’il soutient le contraire (se croit-il ?), a-t-il pu contredire aussi / Lire la suite… »

À LA POINTE DU CALAME – Pour le centenaire de Thomas Molnar (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 16 décembre 2021.

[EXTRAITS DU NUMÉRO 63/AUTOMNE 2021-HIVER 2022]

PAR ALAIN DE BENOIST

Sous la présidence d’honneur de M. Zsolt Semjén, le vice-premier ministre de la Hongrie, un colloque célébrant les cent ans d’un des philosophes politiques les plus importants du vingtième siècle, Thomas Molnar (1921-2021), a eu lieu le 25 juin 2021 à Budapest. En cette occasion, Alain de Benoist, un ami de longue date de Thomas Molnar, ainsi que Jean Renaud, fervent lecteur du philosophe hongrois, ont envoyé une allocution par vidéo, toutes les deux traduites par Béla Király et sous-titrées en hongrois. Voici le texte original de l’allocution d’Alain de Benoist.

Je voudrais d’abord saluer et féliciter cordialement tous ceux qui ont pris l’initiative d’organiser cette conférence commémorative à l’occasion du centenaire de la naissance de Thomas Molnar. Une belle initiative, pleinement justifiée!

J’ai rencontré pour la première fois Thomas Molnar, à Paris, le 10 juin 1967, soit il y a maintenant plus d’un demi-siècle. Entre le jeune journaliste de vingt-trois ans que j’étais alors et l’écrivain déjà confirmé qu’il était un lien d’amitié s’est très rapidement établi. Il ne s’est jamais démenti jusqu’à la mort de Thomas, en juillet 2010. / Lire la suite… »

À LA POINTE DU CALAME – La réaction, une idée neuve en Europe ? Thomas Molnar (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 16 décembre 2021.

[EXTRAITS DU NUMÉRO 63/AUTOMNE 2021-HIVER 2022]

PAR JEAN RENAUD

Sous la présidence d’honneur de M. Zsolt Semjén, le vice-premier ministre de la Hongrie, un colloque célébrant les cent ans d’un des philosophes politiques les plus importants du vingtième siècle, Thomas Molnar (1921-2021), a eu lieu le 25 juin 2021 à Budapest. En cette occasion, Alain de Benoist, un ami de longue date de Thomas Molnar, ainsi que Jean Renaud, fervent lecteur du philosophe hongrois, ont envoyé une allocution par vidéo, toutes les deux traduites par Béla Király et sous-titrées en hongrois. Voici le texte original de l’allocution de Jean Renaud.

Permettez-moi d’abord de saluer chaleureusement tous les participants à cette conférence commémorative consacrée à ce penseur de premier plan que fut Thomas Molnar. Sa stature morale et intellectuelle, celle d’un maître, ne fait pour moi aucun doute, et il n’est que justice que ce soit dans son pays natal, sur lequel il fondait tant d’espoir, que soient mises en lumière l’importance et la portée de son œuvre pour l’avenir de notre civilisation. / Lire la suite… »

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES – Un nouveau Credo : Je crois en Moi (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 16 décembre 2021.

[EXTRAITS DU NUMÉRO 63/AUTOMNE 2021-HIVER 2022]

PAR FRIEDRICH VON PLATEN

La rédaction a reçu dernièrement un essai de son collaborateur viennois, Friedrich von Platen. Ce satirique francophile, versé en psychiatrie et en oenomancie, renommé dans certains cercles de Québec et de Lvov pour ses apophtegmes et ses saillies, nous écrit qu’il s’est « amusé à rédiger le Credo des hommes de ce temps ». Nous avons pensé que les lecteurs d’Égards apprécieraient son morceau intitulé :

Je crois en Moi / Lire la suite… »