La course vers Plutus: L’État, les étudiants et l’argent (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 15 mai 2012.

Par Patrick Dionne

« Quand un gouvernement a été assez mauvais pour exciter l’insurrection, assez faible pour ne pas l’arrêter, l’insurrection est alors de droit comme la maladie, car la maladie est aussi la dernière ressource de la nature; mais on n’a jamais dit que la maladie fût un devoir de l’homme. » Rivarol

Le monde moderne se partage entre les démissionnaires et les révoltés. Les uns administrent, assis, repus, bâillant d’ennui, suant la satisfaction. C’est, au Québec, l’intendance Charest – gouvernement étant un mot trop fort, trop viril pour cette compagnie d’eunuques. Sa métaphysique actuarielle, sa complaisance, son inertie trahissent une profonde inintelligence des choses de la Cité. C’est le règne de l’informe, formalisé à outrance, réglementé, conditionné par un catalogue de poncifs hérités du XIXe siècle libéral. Au cœur de cette « philosophie », l’Argent. Les autres revendiquent, critiquent, vandalisent, furieux et désœuvrés, poursuivis par un narcissisme aux dimensions cosmiques. C’est la contestation estudiantine, bavarde, sentimentale, tributaire de la niaiserie anarchiste et socialiste, elle aussi fille du XIXe siècle libéral. Au cœur de cette « philosophie », l’Argent. Le nihilisme glacial des technocrates se heurte pour le moment au nihilisme bouillant des insurgés. Mais l’affrontement s’achèvera dans la tiédeur, qui est la vraie température du nihilisme.
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Égards, l’université nihiliste et le conservatisme (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 15 mai 2012.

Par Jean Renaud

Cette allocution fut prononcée à l’occasion du lancement du trente-cinquième numéro de la revue Égards tenu à la Bibliothèque Albert-le-Grand le 3 mai dernier. La causerie de Jean Renaud a été précédée d’une réflexion critique sur le cours d’éthique et culture religieuse et sur l’avenir du conservatisme par nos collaborateurs Gary Caldwell et Richard Décarie.
La rédaction

Je lisais dernièrement sur le site du National Post une lettre d’un ancien député du Reform Party à Ottawa, Lee Morrison. Le titre en est : « It’s Time to Say Au revoir to Quebec ».
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Le cire-pompe de la pensée unique (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 4 mai 2012.

Par Matthieu Lenoir

Le 27 avril dernier, un article de Christian Rioux sur Nicolas Sarkozy intitulé « La Chute » participait très logiquement à la mise à mort médiatique de Nicolas Sarkozy dans le journalicule canadien encore appelé Le Devoir. Suant le crétinisme binaire de nos temps digitaux, il est pourtant le fait d’un journaliste québécois en poste à Paris, qui devrait par ses origines et sa culture savoir ignorer cette haine mimétique centrée sur la victime émissaire – en l’occurrence « Sarkozy » – qu’a si bien décrite René Girard en analysant le fonctionnement des sociétés primitives. Or le primitivisme de ce plumitif dépasse l’entendement.
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Un mot du directeur

Mise en ligne de La rédaction, le 27 avril 2012.

27 avril 2012

Chers amis d’Égards,

Le no 35 d’Égards vient de paraître. Je crois qu’il est riche de pensées, de pressentiments, de ferveur, avec un cardinal Daniélou de Benoît Lemaire et un Gustave Thibon de Patrick Dionne. On y trouve aussi un hommage très éloquent de Gary Caldwell à la famille Lavallée et au travail de la Coalition pour la liberté en éducation et de l’Association des parents catholiques du Québec.
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Le numéro 35 d’Égards est disponible

Mise en ligne de La rédaction, le 21 avril 2012.

Sommaire du numéro 35

Printemps 2012

Gary Caldwell – La saga Lavallée : l’État, le judiciaire et l’Église contre la famille, l’école et la législature

Jean Renaud – L’Amérique conservatrice, la séparation et l’Église électronique : de Brownson à McLuhan

Matthieu Lenoir – Les droites françaises en crise

Benoît Lemaire – Jean Daniélou, apôtre de l’intelligence

Patrick Dionne – Poésie et Vérité : Gustave Thibon

CHRONIQUES

Luc Gagnon et Richard Bastien – Le siècle, les hommes, les idées : La conversion de l’épiscopat québécois – Abstraction indépendantiste et réalité démographique

DOCUMENT

Jean Renaud – La Grande Illusion – contre l’éducation rationaliste

Le siècle, les hommes, les idées. La conversion de l’épiscopat québécois (texte intégral)

Mise en ligne de La rédaction, le 21 avril 2012.

Par Luc Gagnon

[ EXTRAITS DU NUMÉRO 35 / PRINTEMPS 2012 ]

Ecclesia semper reformanda : l’Église, tout en étant de nature divine, doit continuellement se réformer et se convertir pour mieux accomplir sa mission, transmettre la foi chrétienne et la vie divine aux hommes en vue de leur salut. L’Église du Québec, depuis le concile Vatican II, semblait être entrée dans une voie de « démission », selon le mot du cardinal Jean Daniélou, de dissolution dans la société désenchantée issue de la Révolution tranquille. On ne voyait plus clairement la distinction entre l’Église et le monde. Résultat ? Les Québécois se disent catholiques, tout en rejetant des éléments essentiels du dogme, comme la résurrection du Christ, l’immortalité de l’âme humaine, le péché originel, la transsubstantiation.
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La saga Lavallée : l’État, le judiciaire et l’Église contre la famille, l’école et la législature

Mise en ligne de La rédaction, le 21 avril 2012.

par Gary Caldwell

[ EXTRAITS DU NUMÉRO 35 / PRINTEMPS 2012 ]

Édifice de la Cour suprême

Le jugement du 17 février 2012 de la Cour suprême du Canada (CSC) dans le litige entre la famille Lavallée et la Commission scolaire des Chênes (CSD) est extrêmement révélateur du déséquilibre entre l’État et la société civile. Un bref rappel de l’origine du litige. La famille Lavallée – grand-mère, mère et enfants – s’adresse à la cour en 2008 parce que la CSD a refusé d’accorder une exemption à ses enfants, qui leur permettrait de ne pas assister au cours obligatoire d’éthique et culture religieuse (ÉCR). / Lire la suite… »

L’Amérique conservatrice, la séparation et l’Église électronique : de Brownson à McLuhan

Mise en ligne de La rédaction, le 21 avril 2012.

par Jean Renaud

[ EXTRAITS DU NUMÉRO 35 / PRINTEMPS 2012 ]

Orestes Brownson

Orestes Brownson et la séparation
La Révolution américaine se distingue de la Révolution française par plus d’un aspect. L’Amérique, en 1776, ne voulut pas détruire l’ensemble de ses traditions politiques, morales, religieuses, au profit d’un logos faustien, impatient de créer un monde nouveau. Loin de modifier son régime politique, elle a choisi d’assurer la pérennité de libertés déjà établies dans les mœurs, ne supprimant que le lien avec une couronne d’Angleterre lointaine et maladroite. Les pères fondateurs purent sans doute utiliser le vocabulaire des Lumières françaises, plusieurs parmi eux furent en partie insensibles à l’esprit utopique qui les a inspirées. La sagesse politique des pères de la nouvelle république a consisté d’abord à reconnaître que les institutions politiques ne sont pas une œuvre de la raison pure. La volonté des hommes, pour être efficace, doit se concilier les contingences, la situation générale, l’ensemble des intérêts et des opinions. Elle ne les corrige qu’à cette condition. À se croire infaillible, cette pauvre et instable volonté humaine tombe dans la démesure et devient essentiellement destructrice. La constitution américaine existait en puissance avant d’être écrite, déjà énoncée dans ses grandes lignes par le temps, les circonstances, les influences de la religion, de la culture, des hommes, du climat, de la géographie. L’ordre moral, politique, rationnel qui a couronné cette croissance quasi spontanée n’a fait qu’achever et perfectionner ce que la nature avait donné, proposé, quelquefois imposé. Les pères fondateurs, mâtinés des doctrines orgueilleuses des Lumières françaises, ont eu le bon sens de tenir compte de cette constitution en partie inscrite dans les choses. C’est ce qu’Orestes Brownson (1803-1876) nomme la constitution non écrite :
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Les droites françaises en crise

Mise en ligne de La rédaction, le 21 avril 2012.

par Matthieu Lenoir

[ EXTRAITS DU NUMÉRO 35 / PRINTEMPS 2012 ]

Nicolas Sarkozy

La gauche, empire de l’utopie sociale, se disloque régulièrement sur les récifs de la réalité. La droite, héritière du pragmatisme, s’englue en retour dans les sables mouvants de l’utopie technoscientifique.
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Jean Daniélou, apôtre de l’intelligence

Mise en ligne de La rédaction, le 21 avril 2012.

par Benoît Lemaire

[ EXTRAITS DU NUMÉRO 35 / PRINTEMPS 2012 ]

Jean Daniélou

Plus de trente ans après la mort de Jean Daniélou, sa pensée peut-elle encore nous inspirer ? Son diagnostic sur le monde contemporain a-t-il gardé son acuité ? Selon le cardinal Joseph Ratzinger, qui explique la crise métaphysique actuelle par le mépris généralisé de la vérité, cela ne fait aucun doute. Devenu pape, il a voulu rendre hommage à l’auteur de Platonisme et Théologie mystique, à cet homme « passionné par le service de l’Église », dont le « souci de la vérité » inspire et fortifie. Toute sa vie, Daniélou a pratiqué l’apostolat de l’intelligence, qui conduit au seuil de la foi et la rend crédible. Y a-t-il plus grand service à rendre à l’humanité ? Y a-t-il plus grande charité à faire au monde ?
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