Notes de lecture. John Henry Newman, Être chrétien. Les plus beaux sermons

Mise en ligne de La rédaction, le 11 décembre 2018.

John Henry Newman, Être chrétien. Les plus beaux sermons, Présentés par Keith Beaumont en collaboration avec Pierre Gauthier, Paris, Cerf, 2017.

par André Désilets

[ EXTRAITS DU NUMÉRO 58/NOVEMBRE 2018-JANVIER 2019]

John Henry Newman

John Henry Newman

Pour les responsables de la publication de cet ouvrage hors du commun, John Henry Newman (1801-1890) demeure l’un des plus grands penseurs chrétiens du XIXe siècle. Son œuvre exprime une véritable phénoménologie dans le Mystère, un témoignage qui est à la fois critique face aux constructeurs de tours de Babel, et inspirateur en ce qu’il nous apporte des paroles essentielles sur notre vie et sur celle de nos pères, là où une osmose providentielle s’opère donnant aux êtres et aux choses une valeur virginale, inestimable.

D’où cet extraordinaire sens du réel qui se dégage des propos du bienheureux cardinal, des propos particulièrement révélateurs sur ce qu’il appelle «l’Église des Apôtres» et «l’Église des Pères». Car notre christianisme est «irréel», observe-t-il, quand «il devient une simple affaire d’opinion personnelle et subjective» ou «quand il se trouve réduit à sa seule dimension morale [...] dépourvu de toute dimension spirituelle».

La foi chrétienne n’est pas une théorie, un fardeau de «croyances» ou de systèmes culturels élaborés au fil des ans, mais un Don, évidence de l’invisible, selon saint Paul, qui n’attente pas à la liberté de l’homme, à ses choix, à ses décisions. La foi chrétienne transcende l’ordre des nécessités. «Magnifiques ceux qui ont foi sans voir» ( Jn XX, 29) veut dire ceux qui ont cru sans y être obligés, forcés, contraints. Le cardinal insiste là-dessus, car il s’agit de choisir sa voie… et d’y donner suite. «Que les hommes sachent qu’ils sont des hommes», est-il dit dans le Deutéronome (XV, 9). La foi exprime donc un mouvement, un engagement: «elle se met en route sans savoir où elle aboutira», commente l’auteur du Songe de Gérontius. N’est-il pas significatif que le cheminement d’Abraham garde toute son importance pour les Pères, mais aussi pour des hommes comme Sören Kierkegaard, Léon Chestov et John Henry Newman? L’image biblique du peuple errant de Dieu met en évidence ce que l’existence humaine est de fait. «Allez votre train», conseille Bossuet. Aller, errer, chercher, espérer, tel est le destin de tout homme assoiffé de vie puisqu’il se situe dans l’ordre de la transcendance et non dans les mesures qu’aménage le temps.
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