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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de "société sans classes".

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



LE SOLITAIRE DE DIEU
par Patrick Dionne
(Publié le 21 décembre 2009)


Plus on s’approche de Dieu, plus on est seul.
C’est l’infini de la solitude.
Léon Bloy
 
Je me figure souvent Dieu sous les traits du saint Antoine de Dürer, ce vieillard mystérieux effondré aux portes d’une ville broyée par la peine et la désolation, où les âmes paraissent condamnées à mourir de froid sous un ciel implacable et silencieux. Ce vieillard solitaire, abandonné même de ses amis, ne possède qu’une besace vide et une pauvre croix en bois au sommet de laquelle, pour se consoler, il a fixé une petite cloche, augure redoutable des trompettes de l’Apocalypse. Cette croix est sa compagne de toutes les heures, sa compagne de douleur et de rédemption. Elle se dresse près de lui, surplombant ce bourg hostile qui pourrait bien être le symbole du Monde, et lui, apaisé par le souvenir de l’éternité, se berce dans l’ivresse lumineuse des Saintes Écritures. On devine que ce vieillard a été labouré par le froid, la faim, la misère, les trahisons, les persécutions, et pourtant son cœur saccagé est un abîme de douceur. En vérité, ce naufragé de la Miséricorde n’appartient plus tout à fait à ce monde. Ses pas résonnent encore sur la terre, mais son âme est en route vers le Ciel.
 
La vision extatique et mélancolique du grand artiste allemand traduit magnifiquement ce que Dieu peut ressentir en ce monde. Évidemment, l’imagination de tous les siècles est impuissante à peindre l’âme de Dieu, qui nous restera cachée jusqu’au dernier Jour ; une si belle et si brutale Illumination signifierait l’anéantissement de l’esprit humain. Mais l’art véritable, comme l’écrivait André Désilets, naît-il d’autre chose que du « choc de l’éphémère qu’on voit contre l’éternel qu’on devine » ? Dürer a donné un visage à l’Éternel. Et ce visage de Dieu est celui dont Léon Bloy a voulu se faire le Témoin et le Protecteur – le Dieu pauvre et crucifié de l’Évangile. C’est ce Dieu affamé, contraint de demander l’aumône aux passants que Bloy implorait en hurlant et en pleurant. Ce Dieu que personne ne veut recueillir chez soi et à qui on n’adresse jamais la parole, sinon pour l’injurier. Ce Dieu souffrant et seul, exilé dans un monde de boutiquiers et de nabots, dont le Nom est bafoué cent mille fois par seconde ! Les grosses truffes scientistes de ce temps ont beau s’ingénier à vouloir prouver que Dieu est une invention de l’homme, ils n’arrivent pas à expliquer comment une cervelle humaine aurait pu élaborer cette idée d’un Dieu en croix et faire se lever, pendant deux mille ans, des cathédrales, des croisades, des martyrs, des génies et des saints. Il est vrai que ces savantasses boursouflures ont décrété une fois pour toutes que de tels matériaux ne pouvaient servir qu’aux psychiatres. L’excellence de cette opinion est indiscutable et il est nécessaire, pour le Progrès de l’Humanité, qu’elle soit vissée au fond des crânes avec la dernière énergie.
(...)

Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010