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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de "société sans classes".

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



DUMONT ET GRAND’MAISON : EUNOMIQUES CONTRASTÉES
par Gilles Paquet
(Publié le 5 novembre 2009)


« […] les termites de la réduction rongent la vie humaine depuis longtemps. »

Milan Kundera

Introduction

J’ai suggéré dans un livre publié il y a une dizaine d’années qu’on avait fabulé autour de la soi-disant Révolution tranquille au Québec et trop parlé de grande noirceur dans l’avant 1960 et de moments glorieux dans l’après, afin de construire de toutes pièces un événement-charnière mythique auquel on a attribué des influences quasi mystiques. En fait, suggérais-je à l’époque, le Québec a progressé à peu près au même rythme que les autres sociétés au cours des derniers siècles, il n’y a eu ni grande noirceur ni lendemains glorieux, la Révolution tranquille a été simplement une confluence de pressions démographiques avec une collusion des forces souverainistes et fédéralistes pour orchestrer une étatisation accélérée qui a eu certains effets bénéfiques, mais aussi de très grands coûts sociaux.

Mon propos suggérait que cette aventure avait détruit beaucoup de capital social en cours de route, et que le grand défi en 1999 était de reconstruire une socialité nouvelle au Québec. Cette insistance sur une société civile – éreintée par l’étatisme délirant et ayant besoin d’une socialité nouvelle – a été fort mal accueillie tant parce qu’elle remettait en question les excès de l’État que parce qu’elle célébrait la société civile comme lieu dominant (mis à mal par l’étatisme délirant) de l’ordre social et qu’on était alors porté à l’ignorer, à la dénoncer ou à la calomnier.

C’est surtout ce défi d’avoir à reconstruire à partir, sur, et avec la société civile qui a été le plus vertement contesté. L’un des effets abrutissants de l’étatisme a été en effet de convaincre les citoyens que leur liberté et leurs actions individuelles sont insignifiantes et ineffectives, et que l’État (toujours écrit avec une majuscule) est le seul canal par lequel peut se définir et se réaliser le bien commun. Miser sur la société civile est considéré comme une hérésie.

On niait encore en 1999 qu’un grand pan de la société civile québécoise avait simplement été disloqué par le baby-boom et qu’un autre avait été délibérément saccagé par l’État. Mon éditeur a, avec bonheur, posé en couverture du livre de 1999 une belle photographie de Réjean Meloche montrant l’effondrement du clocher de l’église St-Henri lors de sa démolition en 1969 : une image qui illustre mieux que tout discours le déplacement de l’Église par l’État dans et par la Révolution tranquille.

(...)

Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010