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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de "société sans classes".

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



Réaction d’Olivier Germain (2 février 2004)
par Olivier Germain
(Publié le 1er février 2004)


Les aveux de Pierre Marcelle
IMPOSTURE ET CENSURE

L’affaire Dantec, qui était aussi silencieuse qu’assourdissante dans le microcosme de la presse, de l’intelligentsia, de l’édition, a pris une nouvelle dimension, en fin de semaine dernière, avec la parution d’un billet de Pierre Marcelle, arbitre des élégances idéologiques, petit cerbère – croisé yorkshire – de « l’enfer » littéraire.

Et c’est donc l’enfer, qu’il promettait à Dantec, le 29 janvier dans Libé; un « enfer tiède », trop tiède au goût du roquet de permanence, qui préfère la grande chaleur des bûchers.

Or après une huitaine de jours de course au Dantec, lancée par sa feuille, qui fait les délices quotidiennes des racailles lambrissées, l’essouflement semblait patent, les flèches moins empoisonnées, les clameurs plus sourdes.

Pis, la mobilisation des lecteurs du réprouvé faisait florès, assiégeait Gallimard et ébouillantait le net, de sites en fora, tout à coup devenu l’arène de la bataille Dantec.

Car il y a bataille Dantec comme il y eu la bataille d’Hernani en son temps pour imposer la libération d’une artiste jeunesse, face aux tabous surannés et aux règles de plomb de la dramaturgie, de la représentation du Beau, du Vrai…

Oui, la lutte fait rage en la coulisse et la génération à abattre est celle des manipulateurs de 68, passés au pouvoir et s’y accrochant par tous les moyens, dont l’interdiction de toute expression critique envers les désastres qu’ils ont commis dans le seul but de maintenir la fiction de leur rebellion.

Qu’on ne s’y méprenne, il ne s’agit pas ici de pratiquer, justement, leur abominable jeunisme ! Mais c’est affaire d’une bande de fils de la bourgeoisie, enfumés de marxisme, qui ont construit une abstraction sur le corps agonisant de la France pour la régenter dans le virtuel, par leur réelle puissance dialectique.

Mais comme l’avait finement vu Michel Houellebecq il y a un an, s’exprimant dans Le Figaro, « l’homme de gauche est mal parti ». Le romancier, avec le style, le flegme et l’ironie provocante qui le caractérisent avait pointé les multiples contradictions dont leurs théories finiraient par accoucher, au frottement de la réalité.

Notamment celle-ci : comment gérer la lutte contre « l’antisémitisme », quasi exclusivement arabo-musulman maintenant, et la fustigation de « l’islamophobie » qui montait aussi bien, si ce n’est plus, chez les Juifs que chez les autres victimes des sections d’assaut des banlieues.

Et Pierre Marcelle s’est pris les pieds dans l’inextricable dilemme, pour se casser la figure, le nez dans le ruisseau par la faute à Rousseau ; commettant, dans l’affolement, deux aveux de la plus grande importance, deux armes terribles offertes ainsi à ceux qui luttent, tel Maurice G. Dantec, pour les libertés.

Comparant cette affaire au scandale Renaud Camus, dont on apprend au passage que le style « ténu » est préférable au « bruit technoïde » du second, il entre dans une démonstration aussi absconse qu’alambiquée pour nous faire comprendre, semble-t-il, qu’il est au moins aussi grave de s’opposer à l’islamisation de l’Occident que de « compter des juifs », même arithmétiquement (c’est lui qui souligne).

Et de nous asséner, comme parole d’évangile, que de toute façon, Camus « ne pouvait pas se concevoir antisémite » en l’espèce, circonstance atténuante dont le juge Marcelle s'abstient d'expliciter la cause.

Reste les supputations. Est-ce parce que Monsieur Camus est homosexuel militant, très en vogue dans les hautes sphères gay, autre minorité influente. Est-ce aussi ses entrées dans le monde mitoyen de l’art contemporain, dont il est un des snobs les plus en vue ; deux catégories victimisées pour mieux régner.

Dantec s’affiche atlantiste, catholique, farouchement opposé au processus d’islamisation à marche forcée de l’Europe.

Il est donc forcément plus coupable et son crime forcément plus grand. C’est le nouvel épouvantail, le dernier sans doute, de la caste des fonctionnaires de la révolution : l’islamophobie.

Il faut au passage noter l’utilisation désormais systématique du suffixe phobe qui ressort du domaine de la psychiatrie. Si l’on ne veut pas que l’Europe devienne musulmane, on est un maniaque, un phobique, c’est à dire présentant les caractéristiques cliniques d’un dérangement mental… Chassez le naturel, il revient au bolcho…

Il exsude de toute cette équation compliquée une impression suintante qu’à tout prendre, l’antisémitisme est moins délictueux, plus hype aussi ; Camus, ça t’a une autre allure dans le demi-monde qu’un boréal hirsute et vociférateur… !

Ce crime, inexpiable en gros comme en détail jusqu’à présent, arme de destruction massive des censeurs, qui pratiquent volontiers la dissuasion, brandie a chaque faux pas artistique, intellectuel ou politique, ce péché mortel devient RELATIF, selon la personnalité de l’accusé.

Quel aveu ! Faut-il que ça chauffe, Marcelle, pour que tu te laisses aller à balancer la vérité ! Ainsi donc, de ta plume mitée, tu confirmes que ces processus de diabolisation ne sont que des astuces dialectiques, dégainées suivant les besoins des nomenklaturistes et selon la cible par eux désignée.

Ces valeurs et tabous qu’on nous impose ne sont donc que poudre au yeux, alors qu’on nous les fait révérer comme universelles vertus de l’humanité en progrès ! Dont acte ; et bravo pour tant de transparence dans le cynisme, tant de franchise dans le machiavélisme ! ... Au terme, il est vrai, de fuligineuses circonlocutions…

Mais le second aveu est plus clair que l’eau pure ; toujours filant sa comparaison, le vigile s’étonne ouvertement du « deux poids deux mesures » des rétorsions contre les déviants. Dantec s’en sortirait mieux, on le châtierait moins, quand on a « fusillé » le pauvre Camus, qui n’avait seulement fait que décompter « arithmétiquement » des juifs, dénombrés, … donc listés…

Marcelle ira jusqu’à reprocher au digne Monde d’avoir donné du Monsieur à Dantec ! Pourquoi tant de respect ? Tout islamophobe n’est-il pas un chien, comme disait papa Sartre d’une catégorie proche qui n’était alors qu’ « anti » ?

Il y a donc un tribunal pénal (dont se serait désolidarisé indûment le révérendissime oracle vespéral) et une échelle des peines, avec possibilités de condamnations annexes.

Comme c’est ici bien dit, démontré, affirmé, assumé dans la panique du « rappel à l’ordre » quasi désespéré du Pierrot, le fou de Libération.

Il nous apprend qu’outre l’imposture des poses antiracistes ou contre-antisémites telle que dévoilée précédemment, il existe une censure, collégialement assurée par un cénacle dont il fait partie, autant que Le Monde qui ne joue pas le jeu cette fois-ci.

Certes, le petit père Marcelle, peut-être conscient de son audacieuse imprudence, peut-être « rappelé à l’ordre » par quelque altissime germanopratin, s’est fendu le lendemain d’une belle figure imposée sur la Shoah, mais ce qui est écrit reste.

Ces vérités, qui n’étaient naguère que volent, sont désormais manent…

Et l’épilogue de ce premier mouvement de l’orchestre rouge de se dérouler chez Ardisson, deux jours après, où, piaffant comme tous les convertis, le valet parvenu du PAF s’est attaqué furieusement à Vincent Cassel, acteur retenu pour l’adaptation, jusque là très attendue, de Babylon Babies, le troisième roman de Dantec.

C’est dans le vide, face à l’indifférence affichée d’un Cassel visiblement exaspéré, qu’a mouliné en vain la rage épuratrice du nain en noir.

Et non, messieurs Marcelle et Ardisson, dans la bataille qui ne fait que commencer, vous n’avez pas, pour la première fois, tout le troupeau des mutins de panurge derrière vous ! Alors la peur se lit entre vos lignes et sur vos visage…

La peur qui change de camp. (...)

Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010