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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de "société sans classes".

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



Réaction de Johann Cariou (27 janvier 2004)
par Johann Cariou
(Publié le 27 janvier 2004)


Dans une première réaction à chaud je n'avais pas souhaité aborder le contenu de la lettre de Maurice G. Dantec adressée à Bloc identitaire. Cependant je savais déjà qu'il serait nécessaire, dans un second temps, de revenir sur ce courrier scandaleux dans le détail et dans le calme.

Mais avant l'indispensable explication de texte, je souhaite effectuer quelques rappels. En cette histoire, j'aimerai souligner l'attitude particulièrement minable et abjecte de la maison Gallimard qui, immédiatement, s'est désolidarisée publiquement de son auteur avant de le lâcher totalement et de le livrer aux chiens. Quant aux réjouis de Libération, Le Monde et Marianne, ils ne surprennent personne. Des réactions indignées mais disproportionnées si l'on considère que l'élément déclencheur, publicisé par le destinataire, est une correspondance privée. En effet, il est particulièrement malhonnête, outrancier, de résumer et juger un auteur majeur et prolixe à la seule lecture d'un e-mail. Un simple et dilettante parcours* du premier tome du Théâtre des Opérations (disponible en poche) suffit à découvrir la complexité et la richesse d'une pensée en mouvement perpétuel, qui interroge plus qu'elle ne cherche à convaincre, qui ne se refuse pas aux affres du doute et de la contradiction, qui assume la lecture des maudits comme celle, pas vraiment cyber-branchée, de Jean-François Revel. Dantec ouvre les horizons et n'écarte a priori aucune nourriture spirituelle. Face au foisonnement, certains préféreront toujours et à tout prix s'en tenir aux quelques mots d'un courrier isolé pour excommunier l'homme et le réduire à un parangon raciste du kop Boulogne. Chacun connaît cette confortable stratégie de l'autruche effrayée.

Attaquons maintenant l'effeuillage, puisque comme l'écrivait Camus "le jour où le crime se pare des dépouilles de l'innocence, par un curieux renversement qui est propre à notre temps, c'est l'innocence qui est sommée de fournir ses justifications". "Quoique je sois en désaccord profond avec vous sur de nombreux points de politique internationale, et peut-être même sur la conception de la civilisation américaine, comme de l'importance stratégique du Royaume d'Israël" - passées les formules épistolaires, telle commence la lettre de Dantec, par un avertissement clair sur les positions qui le sépare des identitaires, positions dont les réjouis et les nationaux-socialistes (dont des identitaires) usent pour taxer Dantec de "valet américano-sioniste".

"Contre l'Antéchrist coranique", l'Antéchrist, ainsi Klaus Mann nommait Hitler, "l'adversaire de l'esprit, de la liberté, de la civilisation" précisait-il encore. Peut-on infiniment trouver des excuses et des explications misérabilistes au terrorisme Arabe, aux kamikazeries criminelles et sordides parées des vertus de l'Islam ? Est-il un combat plus mortifère, dans ses moyens, objectifs et conséquences, que celui mené aujourd'hui par les nébuleuses islamistes, financées par les trafics en tous genres et le grand banditisme international, protégées par la délinquance en cols blancs et les pétrodollars Saoudiens, les paradis fiscaux et le secret bancaire (mais soutenues par les gauchistes luttant contre le grand Capital !), utilisées et armées par l'occident à des fins stratégiques ? Qui sont les victimes, Saddam Hussein et son ami Pasqua ou les Kurdes et Chiites opprimés par le régime baasiste, le kamikaze palestinien ou les juifs et musulmans déchiquetés dans l'autocar explosé ?

Je ne sais si le Coran est un bréviaire assassin, il sert cependant de prétexte pour justifier une guerre mondiale à la vie, pour répandre la mort et la souffrance. Il sert d'alibi aux obèses wahhabites, à une totalitaire criminalité organisée. Ainsi peut se perpétrer le "meurtre nihiliste", "celui qui nie tout et s'autorise à tuer", "qui tire dans la foule", pour citer encore Camus, car "le nihilisme confond dans la même rage créateurs et créatures". Votre combat, sans doute bien difficile, pour empêcher la dissociation de la France, l'Islamisation de l'Europe, la dissolution de l'Occident (le vrai), me touche profondément, car veuillez m'excuser de ce pessimisme spenglerien, j'ai franchement l'impression que ce qui fut mon pays (et l'est encore à bien des égards) est FOUTU. Le combat des identitaires touche Dantec, ce qui ne veut pas dire qu'il adhère à cet engagement, cela souligné à l'usage des journalistes qui ne connaissent plus le sens des mots. Par ailleurs, si je peux comprendre le pessimisme spenglerien de Dantec, je me méfie des noires prophéties de Cassandre et ne veux pas croire en l'Islamisation de l'Europe ou en la dissolution de l'Occident. Volontairement optimiste, je reste persuadé qu'il est des êtres, de toutes confessions et origines, en ce beau pays, qui n'ont pas rendu les armes à la désillusion qui guette, et qui chaque jour se révolte contre la culture de mort.

Mon nom est Maurice Dantec, je vis au Canada depuis 6 ans, m'étant expatrié par volonté de protéger ma famille des exactions de nos amis les Chances-Pour-la-France, je vivais alors en banlieue sud, ma fille avait deux ans, je ne voulais pas qu'un jour elle devienne la proie des bêtes sauvages (je préfère encore les ours du Nord-Québec). Face à cette phrase il est deux possibilités de posture. Soit on la lit sérieusement, lors j'évoquerai ma ville, Angers, et ces quartiers que je connais pour y avoir travaillé et conservé des amis, et force m'est de constater que l'anarchie urbaine n'y règne pas malgré la catastrophe sociale qui s'y prépare, certes Angers n'est pas une mégapole concentrationnaire mais une paisible provinciale. Enfin je rappellerai que la sauvagerie n'est pas l'apanage d'une classe sociale, d'une origine ou d'une confession, et qu'en matière de barbarie gosses de riche et zyvas sont égaux. Soit on lit cette prose comme délibérément exagérée, aussi énorme que les ours du Nord Québec, elle vire alors à la farce, au grotesque.

Comme vous le savez peut-être, je suis définitivement étiqueté "fasciste" ou "white trash" par la presse des bobos, donc, au point où j'en suis... Que rajouter à ce sourire désespéré.

J'ai appris, par des amis restés à Paris, comment vous vous êtes mobilisés fort brillamment pour contrer les tentatives de "nettoyage ethnique" anti-chrétiennes à l'église Saint-Nicolas. Le fait est vrai, les identitaires ont évacué des "sans-papiers" qui squattaient l'église Saint Nicolas du Chardonnet et les ont provisoirement relogés ailleurs. Dantec relève ici que jamais aucune mosquée n'est occupée par les "sans-papiers" en lutte. Quant au "nettoyage ethnique", le terme est sciemment provocateur tout en renvoyant aux actes criminels du régime de Milosevic vis-à-vis des populations musulmanes bosniaques, à ce sujet souvenons-nous que Dantec fut un des premiers à dénoncer l'ampleur et l'atrocité de ces massacres.

Suit une défense de l'Empire Américain, dont Dantec sait pertinemment qu'elle est source de polémique avec les sentiments anti-américains du Bloc identitaire. Il explique et informe ces derniers qu'il existe, aux USA, des "IDENTITAIRES", très proches de vous, qui se battent et pour la LIBERTÉ et pour les RACINES judéo-chrétiennes et européennes de l'Amérique, contre tous les propagandistes gauchistes et "multiculturalistes" des universités ou de la presse pro-Démocrate.

Enfin Dantec termine sur ces phrases : il n'y a pas de "mur" dressé en plein milieu de l'Atlantique sinon celui de nos imaginaires dévastés par 30 ans de Mitterrandisme puis de Chirakisme. L'Amérique reste le dernier bastion de souveraineté occidentale, c'est pourquoi la gauche mondiale la hait tant. Bush est ouvertement nationaliste, chrétien, "eurocentriste", anti-Onu, c'est pourquoi la gauche mondiale le hait tant. Ne vous trompez pas d'ennemi. "La Contre-Révolution a commencé ; et elle a commencé en Amérique.", c'est pourquoi la gauche bien-pensante le hait tant !

Voilà donc ce qui constitue aujourd'hui en France un délit d'opinions suivi d'une chasse au sorcier. Que dire ? sinon ma profonde tristesse face à la médiocrité et à la lâcheté des souteneurs de la bonne conscience. J'invite lecteurs et lectrices à lire le dossier complet de cette polémique "Faut-il brûler Maurice G. Dantec ?" sur www.revuecancer.com, rubrique actualité.

Enfin, je profite de ce texte pour affirmer mon plein soutien et ma sincère amitié, en cette étrange épreuve, à Maurice G. Dantec.

Johann Cariou, le 27 janvier 2004

Post-Scriptum : "Les hommes d'Europe, abandonnés aux ombres, se sont détournés du point fixe et rayonnant. Ils oublient le présent pour l'avenir, la proie des êtres pour la fumée de la puissance, la misère des banlieues pour une cité radieuse, la justice quotidienne pour une vraie terre promise. Ils désespèrent de la liberté des personnes et rêvent d'une étrange liberté de l'espèce ; refusent la mort solitaire, et appellent immortalité une prodigieuse agonie collective. Ils ne croient plus à ce qui est, au monde et à l'homme vivant ; le secret de l'Europe est qu'elle n'aime plus la vie." Albert Camus, 1951.

Notes : * Ceci dit à l'attention de la critique littéraire contemporaine. Toutes les citations d'Albert Camus sont extraites de L'Homme révolté. Les citations de Klaus Mann sont extraites de Le Tournant, histoire d'une vie. (...)

Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





* * *

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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010