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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de "société sans classes".

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



Pour un nouveau moyen-âge
par Richard Bastien
(Publié dans le numéro 6 d'ÉGARDS le 13 décembre 2004)


Quelques esprits de gauche ont daigné faire des observations sur notre revue. Ils ne ménagent pas leurs sarcasmes, ce qui est sans doute de bonne guerre. Il y a pourtant quelque chose d’assez désolant dans leurs propos, et c’est le caractère trop étroit de la ­perspective dans laquelle ils se situent. En bons gauchistes, ils envisagent les choses selon une perspective strictement politique. Or, la politique ne nous intéresse que dans la mesure où elle traduit une certaine conception de l’homme et de la société.

Certains nous reprochent en particulier une soi-disant complicité avec la pensée libertarienne ou néo-libérale. Pourtant, s’il est vrai que nous n’avons aucun scrupule à nous associer à la partie « critique » de cette pensée, nous nous démarquons d’elle autant que de la gauche dès lors qu’il s’agit de trouver des solutions aux problèmes contemporains. Les néo-libéraux ne comprennent pas que l’individualisme affaiblit l’individu, qu’une société individualiste (une dissociété) est une contradiction dans les termes. Ils sont incapables d’admettre l’existence d’un intérêt public qui serait autre chose que la somme des intérêts individuels. Pour eux, tout est affaire d’utilité personnelle, de sorte qu’il devient impossible, par exemple, de demander à des jeunes de se sacrifier pour défendre leur pays, ou à des mères en difficulté de ne pas sacrifier l’enfant qu’elle portent dans leur sein (en France, beaucoup d’hommes politiques proclament fièrement que l’avortement a été, dans ce pays du moins, « une victoire de la droite »). La critique qu’une certaine droite fait de l’étatisme est donc fondée sur une conception partielle et partiale de l’homme. Ce n’est pas la gauche en tant que telle que nous récusons. C’est toute forme de pensée utopiste.

On rétorquera peut-être que notre Déclaration fondamentale est avant tout une dénonciation de l’étatisme et que notre projet est donc essentiellement politique. Mais c’est oublier que, pour nous, l’étatisme n’est que la partie visible d’une trahison fondamentale qui avilit non seule­ment le citoyen, mais l’homme tout entier. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas d’abord l’organisation de la cité, mais la conception de l’homme dont se nourrit notre culture. Nos ambitions ne sont qu’accessoirement ­politiques. À vrai dire, nous n’avons d’ambition autre que de servir la vérité. C’est pourquoi notre Déclaration parle aussi de réforme intellectuelle et morale. (...)

Lisez la suite dans le numéro 6 d'ÉGARDS
Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010