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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de "société sans classes".

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



ISLAM ET OCCIDENT
Hommage à une décision du Western Standard

par Jean Renaud
(Publié dans le numéro 11 d'ÉGARDS le 21 mars 2006)


La décision du Western Standard, l’excellente revue de droite albertaine, de publier, dans sa livraison du 13 février 2006, huit des douze caricatures danoises maintenant célèbres sur Mahomet a suscité plusieurs critiques, même dans les milieux « conservateurs ». Notre élite frileuse, hantée par la rectitude politique, inapte à toutes les formes de résistance, rongée par la mauvaise conscience, l’irréalisme, les illusions rousseauistes et cette espèce d’indifférence aux grandes lois qui gouvernent l’univers des hommes a sévi une nouvelle fois et intimidé l’ensemble des médias et de la population.
 
Rappelons à tous nos faux prudents que la guerre politique, religieuse, militaire, idéologique, c’est-à-dire civilisationnelle, contre l’islam, dont le système théologicopolitique est aussi incompatible avec l’Occident chrétien qu’avec l’Occident libéral (qui en est une déviation), constitue une guerre d’autant plus inexpiable que l’ennemi veut notre anéantissement et qu’il le voudra toujours tant qu’il sera ce qu’il est. La distinction entre l’ami et l’ennemi est capitale en politique. On ne la fonde pas sur des marottes, des chimères ou des rancoeurs, mais sur des considérations objectives. Beaucoup de Canadiens français ressemblent à ces nestoriens pleins de hargne envers l’Empire byzantin qui accueillirent les musulmans à bras ouverts : ils craignent moins la loi coranique que la droite albertaine. La grande faiblesse de l’Occident est de ne pas reconnaître qu’il est en guerre et il ne le reconnaît pas parce qu’il a perdu le sentiment de ce qu’il est et de ce qu’il représente. Ce que nous disons ou ce que nous pensons a peu d’importance. L’important, c’est le fond des choses, la logique de la situation, les leçons intrinsèques aux événements. Ceux-ci suivent leur cours et les pauvres mortels, lorsqu’ils rechignent devant les hautes disciplines de la raison ou se laissent aller à la mollesse de coeur, se transforment en impuissantes victimes de leur myopie, de leurs désirs et même de leur bonne volonté. Les nations moribondes trament étourdiment ce qu’elles auraient aimé conjurer, sèment ce qu’elles ne voudront pas récolter, s’avancent vers ce qu’elles fuient et subissent tout ce qu’elles ont refusé de voir.
 
Les causes agissent sans cesse et tissent leur toile autour des peuples aveuglés par l’idéalisme politique ou par un pacifisme sacrificiel*. La fatalité s’étend et se prolonge encore davantage d’avoir été niée. Sans doute, les guerres idéologiques ou politico-religieuses sont-elles les pires de toutes, puisqu’elles risquent de dégénérer en guerres civiles. Mais on n’évite que ce que l’on a osé regarder fixement. La guerre à laquelle nous tournons le dos nous frappera par derrière, nous et les nôtres. La politique d’apaisement que pratique à la perfection un Jacques Chirac est la plus mauvaise des politiques ; elle nourrit la guerre plus sûrement que n’importe quelle provocation et prépare au nom d’une paix qui n’est que capitulation des lendemains sanguinaires et un asservissement honteux. Cette politique d’apaisement mène au pire ; c’est même une politique du pire. Tous ces gens prétendument raisonnables qui croient qu’en ne publiant pas les caricatures contre Mahomet, on se protège des islamistes, leur disent plutôt : venez, la voie est libre ! Cette question des caricatures n’en est plus une de liberté d’expression. Il ne s’agit plus de savoir où s’arrête cette liberté et jusqu’où elle va, mais de refuser d’être intimidé par des menaces d’hystériques qui demandent notre soumission. Si nous reculons, ils s’en souviendront. Face au monde islamique, à sa colère puérile et interminable, à sa manie d’invoquer les complots, à sa rancune et à son indignation permanentes, à son incapacité barbare à regarder la réalité lucidement, à ses plaintes et à ses imprécations perpétuelles contre ceux qu’il croit responsables de son malheur, l’Ouest doit rester ferme. La force consciente d’elle-même et qui sait nommer son ennemi et le neutraliser est le meilleur garant de la paix et de la sécurité.
 
Certains croient à un islam modéré. J’y crois autant qu’eux sans en tirer les mêmes conclusions. Parce que tout existe, il existe un islam tolérant et l’on rencontre des musulmans pieux et sincères, capables et même impatients de s’adapter à l’Occident et à ses institutions. Je ne nie pas la présence de musulmans modérés, j’affirme simplement qu’ils se dissoudront dans la modernité ou reviendront de leur modération. L’un ou l’autre. L’islam raisonnable oubliera vite qu’il est islam, s’il veut se souvenir qu’il est raisonnable. Et cette raison vidée de toute foi l’acculera au nihilisme. L’exemple du protestantisme le démontre. Le fidéisme protestant menait infailliblement au « libéralisme ». Ce mouvement a été retardé par des emprunts plus ou moins conscients au corpus théologique catholique. L’islam ne possède pas cette ressource. Sans clergé véritable, sans capacité de dialogue éclairé avec l’idée « contraire », il succomberait au libéralisme, s’il ne s’accrochait à la lettre et ne se durcissait dans la répétition servile du Coran. Le musulman libéral sera de moins en moins musulman ou de moins en moins libéral. L’ultime recours de tous les fidéismes, c’est l’aveuglement. L’obscurantisme salafiste ou wahhabite ne manque pas en définitive de perspicacité. L’islam, faute de vouloir se perdre dans la modernité, se métamorphose en islamisme, et ce pour rester lui-même. L’islam ne saurait survivre à la raison, pas plus que la raison ne peut s’accommoder de l’islam.  
(...)

* La culture cléricale, pacifiste, anti-politique, spiritualiste et féminisée a sa part de responsabilité. Elle a encouragé une espèce d’angélisme défaitiste, drapant de prétextes évangéliques la paresse intellectuelle, la veulerie et la pusillanimité.

Lisez la suite dans le numéro 11 d'ÉGARDS
Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010