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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de "société sans classes".

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



Bribes de lecture

« Il est vain de songer à supprimer par des lois prohibitives, quelles qu’elles soient, ou par un dispositif économique, quel qu’il soit, la force expansive de la richesse ; et c’est fort heureux, car c’est à elle que s’arcboute l’aisance, comme au luxe s’arcboute le confortable. Mais la politique consiste précisément à utiliser et canaliser cette puissance financière dans un sens d’utilité générale et nationale. Il n’y a pas à la combattre, ni à la contrecarrer. Il s’agit de l’ajuster. (…)

Certains financiers (…) ont imaginé de prendre une assurance auprès du socialisme en le soutenant de leurs subsides, au moment des élections. C’est la nourrir le serpent qui les empoisonnera, et ces Machiavel de la banque sont des Gribouille. [Tout] prouve que des socialistes peuvent être en effet domestiqués, à un moment donné, par le grand capital et devenir eux-mêmes capitalistes. Mais d’abord le nombre de ces « conversions » est illimité, en raison de l’importance de l’appât, et le capital du monde entier ne suffirait pas à épuiser la fabrication de renégats dorés, mettant leur prétendue connaissance des masses au service de la haute finance. Ensuite, cette tactique crue habile, et en fait imbécile, fait progresser l’idée socialiste en la doublant par l’attirance d’un moyen de parvenir. Les hommes montent et la doctrine n’en est pas altérée, maintenue qu’elle est, dans son intransigeance, par ceux qui n’ont pas encore opéré l’ascension et qui attendent leur tour.

C’est bien au contraire aux entreprises contre-révolutionnaires, sous toutes leurs formes, que les magnats de la finance internationale devraient réserver leur appui matériel, sans prétendre, pour cela, à une direction intellectuelle, ou politique, qui n’est pas dans leur compétence. »

Léon Daudet, La tension socialiste in La ronde de nuit, paris, Bernard Grasset, 1928

* * *

« Cette guerre doit être gagnée par tous.
Mais que l’on aille pas en déduire qu’il n’y aura ni vainqueurs ni vaincus. Il est souhaitable au contraire qu’intervienne une décision par les armes, claire et sans équivoque, et que le feu purifie la terre dans ses moindres recoins. Réduit au tribunal de la force, l’instance la plus basse, il faut s’y tenir jusqu’à son verdict qui tranche une fois pour toutes. Plus la logique de la force se manifestera dans toute sa rigueur, plus elle fera impression sur ses adorateurs, et mieux la paix sera garantie. Les armes doivent frayer la voie à la décision, à l’essor de l’esprit. En ce sens il vaut mieux pour les hommes souffrir plus longtemps, que de sauver des vestiges du passé avec l’espoir d’y revenir. Il n’est pas d’entente possible — tous les belligérants l’ont compris — pendant la course vers le but. »

Ernst Jünger, La Paix (Janvier 1943), Éditions La Table ronde, Paris, 1971

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« Quand un auteur est très élevé, son sommet se remarque par la façon dont tout à coup il introduit le divin dans son œuvre. »

Léon Daudet, Rabelais, in Les horreurs de la guerre, paris, Bernard Grasset, 1928

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« La polémique véritable se nourrit de personnalités, et se dessèche et s’exténue dans les idées générales et l’abstraction. Les principes faux sont bien plus saisissables et bafouables, quand ils s’incarnent dans un homme »

Léon Daudet, Aphorismes sur la polémique, in Les horreurs de la guerre, paris, Bernard Grasset, 1928

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« À présent l’hypocrisie elle-même devient frivole. On a les formes vides de l’hypocrisie, comme on a l’écaille d’un crustacé. Mais l’animal est parti. L’hypocrisie, c’était notre dernière profondeur et comme la vie on la croyait éternelle. Elle ne l’était point… Le temps actuel est trop lâche pour se donner la fatigue d’un masque et la fatigue d’une tenue. Tartufe est tout simplement impossible. Pauvre hypocrisie ! On finira par la regretter ! »

Barbey d’Aurevilly, Disjecta membra, Les textes, Tome 1, Paris, p.71, La connaissance, 1925

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« Les nations modernes ressemblent aux héros écrasés par leur armure, du tombeau de Maximilien à Innsbruck, corps rachitiques sous des mailles de fer. »

Ernest Renan, L’avenir de la science

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« Il faut marcher avec son siècle, disent les hommes qui prennent pour un siècle les courts moments où ils ont vécu. Mais, depuis Tacite, on appelle l’esprit du siècle tous les désordres qui y dominent, seculum vocatur. Ce n’est pas avec un siècle, c’est avec tous les siècles qu’il faut marcher ; et c’est aux hommes, quelquefois à un homme seul, qu’il appartient de ramener le siècle à ces lois éternelles qui ont précédé les hommes et les siècles, et que les bons esprits de tous les temps ont reconnues.»

Louis de Bonald, œuvres de M. de Bonald. Essai analytique sur les lois naturelles de l’ordre social - Du divorce considéré au XIXe siècle relativement à l’état public de la société - Pensées sur divers sujets - Discours politiques, Paris, p. 330, Adrien Le Clère, 1847

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Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010