Notes de lecture. Gary Caldwell, Hunting on Concrete. Understanding the Human Condition in the Urban Environment : The Surplus Nervous System Capacity and Besieged Gut Hypotheses

Mise en ligne de La rédaction, le 19 décembre 2016.

Gary Caldwell, Hunting on Concrete. Understanding the Human Condition in the Urban Environment : The Surplus Nervous System Capacity and Besieged Gut Hypotheses, Sainte-Edwidge-de-Clifton, Fermentation Press, 2016.

par Nicole Gagnon

[ EXTRAITS DU NUMÉRO 52/NOVEMBRE 2016-JANVIER 2017 ]

Gary Caldwell

Je connaissais Gary Caldwell au titre de sociologue, qui avait publié plusieurs solides études sur diverses questions dans la revue savante, consacrée à la société québécoise, dont j’ai longtemps été le rédacteur. Je lui savais aussi gré d’avoir royalement rivé son clou à la-personne-que-je-ne-nommerai-pas, doctorée sur un méchant pamphlet antiquébéciste, sans valeur scientifique et qui déshonorait l’institution universitaire. Je savais encore qu’il avait introduit dans le débat sur l’école et l’idéologie interculturaliste la pertinente notion de culture publique commune; qu’il avait été commissaire dissident aux États généraux sur l’éducation de 1995; qu’il était représentant élu dans les institutions locales (caisse populaire, commission scolaire, conseil municipal) et défenseur de la société civile contre l’État. Parmi les deux ou trois autres choses que je savais de lui, il était éleveur de moutons – j’étais mal au courant cependant qu’il s’était recyclé dans la choucroute, à savoir entrepreneur en fermentation de légumes. Je ne m’attendais alors pas à le retrouver sur le sentier de la chasse au vivant.

Caldwell sort ici du placard une réflexion de jeunesse structurée par l’idée d’aliénation, qui était alors dans l’air du temps. De nos jours, il n’est plus guère question que de l’aliénation d’un bien (en transmettre la propriété à autrui) et surtout pas d’aliénation mentale, ce qui manquerait de rectitude politique. Quant à l’aliénation philosophique d’héritage hégélo-marxiste qui régnait dans les années d’après-guerre, il s’agissait au premier chef de l’aliénation religieuse (l’homme a créé dieu à son image et à sa ressemblance) et surtout économique, qui aboutissait à instituer le fétichisme de l’argent, dont le règne n’est pas près de prendre fin. Ce n’est pas ce dont il est ici question, c’est de la perte de communion avec le vivant.
(…)

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