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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de 'société sans classes'.

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



POURQUOI IL FAUT SOUTENIR ISRAËL
par Richard Bastien
(Publié le 5 octobre 2006)


Dans le combat qui oppose Israël à ses ennemis, la justice la plus élémentaire commande de soutenir Israël. 
Une brève analyse des deux combattants ne laisse subsister aucun doute quant à la légitimité de la riposte militaire d’Israël. Pour en juger, il suffit de situer les événements dans une perspective historique.

En 1947-48, les États arabes ont tenté de détruire l’État d’Israël nouvellement formé en vertu du plan de partage des Nations Unies en lui déclarant la guerre. Vingt ans plus tard, lors de la Guerre des six jours, l’Égypte, la Syrie et la Jordanie ont essayé une deuxième fois d’annihiler Israël. Ces tentatives ont eu lieu bien avant qu’Israël n’occupe un centimètre carré des terres palestiniennes et que des colons israéliens ne s’établissent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Peu après la Guerre des six jours, tous les pays arabes réunis à Khartoum, au Soudan, signèrent la fameuse déclaration des «Trois fois non» adressée à Israëlen: «Non à la paix, non à la reconnaissance diplomatique, non à la négociation».

En 1977, faisant preuve d’un courage politique exceptionnel, le président égyptien Anouar Al Sadate se rendit à Jérusalem et signa un accord de paix, ce qui permit à son pays de reprendre le contrôle de la péninsule du Sinaï qu’Israël occupait depuis 10 ans. Depuis la signature de cet accord, et malgré l’assassinat d’Anouar Al Sadate en 1981 par des fanatiques musulmans décidés à le punir d’avoir fait la paix avec Israël, les rapports entre les deux pays sont demeurés amicaux, à tel point que beaucoup d’Israéliens passent maintenant leurs vacances en Égypte. Au cours des années 80, la Jordanie a également signé un accord de paix avec Israël et reconnu son droit d’exister.

Ce qui ressort de tout cela, c’est que dès lors qu’un pays arabe se montre disposé à reconnaître Israël, il est facile de trouver un modus vivendi satisfaisant les deux parties.

Mais, demandera-t-on, qu’en est-il des «territoires occupés», c’heest-à-dire la bande de Gaza et le Sud Liban. En septembre dernier, Israël a complètement évacué Gaza et déclaré frontière internationale la ligne de démarcation israélo-palestinienne, renonçant ainsi à toute prétention sur ce territoire. Gaza est ainsi devenu le premier foyer palestinien officiellement reconnu par une entité autre que palestinienne. Pourtant, les Palestiniens ont aussitôt entrepris d’en faire une base de lancement de roquettes contre la population civile d’Israël. D’où l’intervention de l’armée israélienne de juillet dernier.

Quant au Sud Liban, il s’agit d’une bande de territoire jouxtant Israël et que l’armée israélienne a envahi au cours des années 80 pour en faire une zone tampon et prévenir ainsi les attaques contre les habitants du Nord. Il y a à peine 6 ans, après avoir reçu des Nations Unies l’assurance que cette zone serait maintenue par des forces internationales, que le gouvernement libanais y établirait son autorité et empêcherait le Hezbollah de reprendre son ancien contrôle, Israël s’en est retiré. Mais peu après, le Hezbollah a réoccupé le territoire et y a installé toute une infrastructure militaire, au plus grand mépris des autorités libanaises et des forces des Nations Unies, incapables de lui tenir tête. Si Israël ne s’était pas retiré du Sud Liban en 2000, il n’aurait pas eu à faire face à l’enlèvement de deux de ses soldats et aux roquettes qui, à intervalle périodique, s’abattent sur son territoire (sans compter les risques futurs…).

Fondé en 1982, le Hezbollah est un mouvement arabe comportant une branche civile et une branche militaire et dont l’objectif initial était de lutter contre les forces israéliennes au Sud Liban. Il est presque entièrement financé et armé par l’Iran qui, n’ayant pas de frontière commune avec le Liban, expédie les armes via la Syrie. L’existence de ce mouvement équivaut à une violation de l’Accord de Taif, qui a mis fin à la guerre civile libanaise en 1989 et dont les principales dispositions prévoyaient un retrait des forces syriennes du Liban, le démantèlement de toutes les «milices libanaises et non lib_anaises» et le déploiement de l’armée libanaise au sud du pays dans le but d’éviter les attaques du Hezbollah contre Israël. Mais entre le texte de l’accord et sa mise en œuvre, la marge n’a pu être franchie: il y a eu désarmement de toutes les milices opérant au Liban sauf une – le Hezbollah. Trop faible pour lui tenir tête, le gouvernement libanais lui lâcha la bride, ce qui, pour Israël, a abouti à la situation que l’on sait. Suite aux plaintes déposées par Israël auprès des Nations Unies concernant les enlèvements et attaques de roquettes commandés par le Hezbollah après le retrait israélien du Sud Liban, le Conseil de sécurité adopta la résolution 1559 exigeant le démantèlement de cette organisation. Seulement, rien n’a été fait pour la mettre en œuvre parce que le Hezbollah ne réagit qu’à la force militaire.

Le programme du Hezbollah est nourri par la pensée des islamistes iraniens. Il prévoit la destruction complète de l’État d’Israël et l’établissement d’un gouvernement islamique à Jérusalem et au Liban. L’Iran et la Syrie uadmettent soutenir financièrement et militairement le Hezbollah. Cinq pays, dont le Canada et les États-Unis, estiment qu’il s’agit d’une organisation terroriste et qu’elle est responsable d’un certain nombre d’attentats contre des intérêts israéliens et américains dans divers pays.

Les deux protagonistes de la guerre de juillet ne sont donc pas deux États, mais un État démocratique créé par suite d’une décision des Nations Unies, et une organisation terroriste composée d’environ 8 000 fanatiques qui possède un arsenal militaire plus important que celui du Liban et dont la stratégie consiste, au plus grand mépris des lois de la guerre, à cibler des civils israéliens tout en utilisant les civils libanais comme bouclier. Le Hezbollah viole systématiquement l’article 28 de la Convention (IV) de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, qui stipule que «aucune personne protégée ne pourra être utilisée pour mettre, par sa présence, certains points ou certaines régions à l’abri des opérations militaires». Et parce qu’_Israël tente de se défendre contre ces crimes de guerre, on l’accuse de tous les maux!
Rien ne témoigne plus éloquemment de l’hypocrisie (ou de l’incompétence) de ceux qui reprochent à Israël sa riposte vigoureuse que la réaction du chef de l’aide humanitaire des Nations Unies, Jan Egeland, qui, peu après avoir dénoncé les «frappes disproportionnées» de l’”armée israélienne, a accusé le Hezbollah de «se cacher lâchement derrière les civils». On essaie ici d’établir une équivalence entre, d’une part, la barbarie d’une organisation sans légitimité nationale ou internationale qui, délibérément, s’attaque à des femmes et à des enfants au nom d’une idéologie raciste fondée sur le ressentiment et ayant comme unique fin la destruction d’un pays et, d’autre part, la stratégie de défense d’un État légitime et démocratique qui tente, bien qu’avec des bavures, de respecter les lois de la guerre. Mettre ainsi sur un même pied, comme l’ont fait des fonctionnaires onusiens, des porte-parole de l’Union européenne et même la diplomatie vaticane, Israël et le Hezbollah, est proprement honteux. Spectacle affligeant, en particulier, que celui des représentants d’une Église qui, à une autre époque, a mobilisé tout l’Occident contre la puissance musulmane pour garantir le droit d’accès de ses fidèles aux Lieux saints et qui, aujourd’hui, joue la carte du neutralisme d’apparat.

Cette prétendue équivalence ignore en outre le fait que la guerre entre le Hezbollah et Israël n’est rien d’autre qu’un conflit par personnes interposées, le Hezbollah étant une marionnette de l’Iran, déterminé comme son président l’a dit tant de fois, à «effacer Israël de la carte». Il est d’ailleurs maintenant admis que ce sont les Gardes révolutionnaires iraniens qui ont installé les bases mobiles permettant les lancements de missiles et de roquettes sur Israël. L’Iran est devenu à ce point agressif qu’ il inspire la plus grande crainte à ses voisins arabes, comme en témoignent les pressions exercées par l’Égypte, la Jordanie et l’Arabie saoudite en faveur d’une interruption par la Syrie de ses livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah. Tous les Arabes modérés ont compris que, dans le présent conflit, une victoire même partielle des terroristes contre Israël ne ferait qu’ attiser les ambitions des leaders chiites iraniens, qui souhaitent se substituer aux Sunnites d’Al-Qaeda dans la direction de la guerre contre l’Occident. Il faut être aveugle pour ne pas voir dans le Hezbollah un pion iranien qui, s’il n’est pas écrasé, accroîtra la soif de terreur d’autres fanatiques chiites, comme le Hamas à Gaza et les troupes de Moqtada al-Sadr en Irak.

Lorsque, en réponse aux attentats du 11 septembre 2001 à New York, les États-Unis ont entrepris de déloger par la force le régime des Talibans afghans ayant abrité Al-Qaeda, personne, pas même le Vatican, ne s’en est offusqué. Aujourd’hui, Israël est aux prises avec le même type d’agression, sauf que l’ennemi est à ses frontières. Et on lui conteste le droit de supprimer les armements du Hezbollah!

Certes, ceux qui s’opposent à la stratégie d’Israël aiment rappeler que le nombre des civils libanais tués par les bombes israéliennes est plus élevé que le nombre de civils israéliens tués par les roquettes du Hezbollah. Mais il conviendrait de leur signaler que le nombre d’Allemands tués par les forces alliées pendant la Deuxième Guerre mondiale a été sensiblement supérieur à la somme des Britanniques et des Américains qui ont subi le même sort, et ce en dépit du fait que la guerre a été déclenchée par les Allemands. Il faudrait aussi mentionner que le bombardement de la ville de Dresde par l’aviation britannique, en riposte au bombardement de Londres par les Allemands, a causé la mort d’un nombre plus élevé de civils allemands que la destruction de Hiroshima et de Nagasaki par les Américains. Les Israéliens n’ont aucune leçon à recevoir de l’intelligentsia gauchiste!

La guerre entre Israël et le Hezbollah est une guerre opposant civilisation et barbarie. À vouloir l’ignorer, l’Occident risque de se retrouver demain dans une situation comparable à celle d’Israël aujourd’hui – sous la menace constante d’armes de destruction massive passées entre les mains de quelques fanatiques. Israël est l’avant-poste de l’Occident dans la guerre contre la barbarie islamiste. Soutenir Israël n’est pas uniquement affaire de justice. Il y va de notre propre survie.

(...)
Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010