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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de 'société sans classes'.

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



Lettre ouverte au peuple canadien
sur son voisin du Sud et la guerre

par Claude Marc Bourget
(Publié le 7 octobre 2004)



(Telle qu’envoyée à tous les grands journaux québécois par l’auteur, le 7 octobre 2004, et non publiée depuis)



Peuple canadien, le temps est venu de la sobriété. Je vais te dire pourquoi. J’ai bien peur que tu te sois affalé dans l’intempérance et la démesure, qui sont comme une ivrognerie du cœur. Toi qui sans cesse portes à la bouche des rengaines de justice et de paix, là aussi jusqu’à l’ivresse, rappelle-toi le sens des mots, en attendant celui des réalités. La justice n’est pas le résultat d’une revendication, pas plus que la paix ne se réclame. Ce sont choses bâties ou à bâtir. Ajoute à cela que l’on bâtit avec des matériaux. Le vent ni les criaillements ne s’assemblent. Vent et criaillements, cependant, sèment beaucoup de ce qu’ils transportent, dont les expectorations maladives. Fais attention que ne souffle, en ton léger pays, pour le peuple américain, un fanatisme de condamnation, et que sur tes enfants ne retombent un à un, puis en avalanche, tes crachats. Au moins, ferme la main sur tes lèvres. La civilité cultive l’avenir.



Peuple canadien, tu es adolescent. Tes discours tiennent de la cour d’école. Le grand enfant méconnaît le pouvoir. Il le boude, le méprise ou le hait. Il ignore ainsi sa dette envers lui. Il ignore que, si la liberté d’une bête est un fait de nature, la sienne lui est permise, et lui est permise précisément par le pouvoir, c’est-à-dire par l’ordre. Sans l’ordre, la liberté n’est qu’animale, prison d’appétits, de frayeurs et de nécessités. Je dis que ta liberté, peuple canadien, tu n’y as accédé que par l’ordre, mais que tu vas contre l’ordre, parce que tu ne sais pas encore, ou ne sais plus bien, ce qu’il est, et pourquoi il est. Tu vas contre cet ordre même qui rend possible ta propre liberté. À t’entendre, la civilisation ne serait que la gerbe éclose des meilleurs sentiments. Il n’y aurait, pour son progrès, qu’à faire le bien. Mais où loge le bien ? Est-il dans l’aveuglement à l’égard du mal et de ses poisons ? Toi qui aimes à embrasser toutes les causes, tu préférais donc l’Irak des tyrans à l’Irak en délivrance ? Pis encore, aurais-tu favorisé une Europe des tyrans à une Europe rachetée du nazisme ? Aurais -tu donc interdit la guerre faite au monstre ? Enfin, aimerais-tu mieux vivre sous les saddamites que sous les Bush ? Prends garde avant de répondre, même intérieurement. Moi je sais, en tout cas, que ton confort s’est fracassé sur la belligérance américaine, et que là gît la plus longue épine. Tu savais assez peu des larmes perlant d’Irak pour ne pas en souiller tes fêtes et ton honnêteté. C’est vrai qu’elles étaient tues, ces larmes, parce que sans média. Aujourd’hui, ton attention n’en peut plus d’être attirées, par les télévisions du monde, sur le sol des opérations. Alors, ayant manqué le gravissime état du malade, mais réveillé par le bruit des instruments, tu condamnes le chirurgien et dénonce son acte. Il est vrai que tu manges à l’année des bêtes en oubliant qu’on te les tue et te les prépare.



Tu répliqueras, peuple canadien, que l’Amérique a de plus basses logiques. Or ici, tu oublies une autre vérité : d’abord, qu’il y a ennemi, et ennemi déclaré. Tu t’es laissé dire que l’on engendre l’ennemi, notamment avec l’injustice. Mais sache que l’ennemi précède l’injustice, et n’attend l’injustice que pour excuse. Trouve le dessin du monde, rassemble un peu ses éléments ; je ne parle pas de le rêver, de lui composer un frère artificiel en ta tête, mais de le reconstituer par la pensée, au plus vrai que tu peux. Tu admettras à ce moment que l’ennemi, comme le chagrin et la mort, est une pièce du puzzle vital, et que l’homme, qui accumule techniques et bavardages, mais pour mieux s’enliser dans sa condition, jamais ne sortira de ce jeu de patience, c’est-à-dire de son propre principe. Ainsi donc, si tu exclus l’ennemi, ne crois pas que tu t’exclus du jeu. Tu y perds et y meurs. Sinon, c’est qu’un autre, qui ne l’exclut pas, le combat à ta place et pour toi. Et c’est bien ce qui est. Les États-unis, peuple canadien, en veillant à la leur, veillent à ta sûreté. Leur imperfection, leurs défauts, leurs prétendues erreurs, tout cet amas de points discutables, ne changent rien à l’affaire. Vienne à glisser le peuple américain vers le chaos, et c’est ton propre chaos. (...)
Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010