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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de 'société sans classes'.

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



DÉBATS ET POLÉMIQUES /  LES AVEUX DU COPISTE (RÉPONSE À LUC ABEL)
par Patrick Dionne
(Publié dans le numéro 25 d'ÉGARDS le 5 novembre 2009)


Rien ne me plaît davantage que de recevoir des sucettes. J’ai été abreuvé dernièrement de gâteries de cette sorte, à l’occasion d’une chronique d’opinion signée Luc Abel et publiée sur le site des chrétiens rebelles de France, Losanges.net, concernant la livraison XXIII d’Égards. L’auteur, bourré de bonnes intentions et fort doué pour le résumé de lecture, décrit dès le départ les collaborateurs d’Égards comme ses « amis d’outre Atlantique [sic] ». Ses largesses font chaud au cœur ; on se demande même s’il en avait les moyens. Abel tente ensuite de séduire Richard Bastien en expliquant que ce pauvre homme, qui fut économiste pour le gouvernement canadien durant plusieurs années, s’entortille lamentablement dans son article « Christianisme et capitalisme : y a-t-il un lien ? » lorsqu’il prétend que le capitalisme n’est pas un péché. Mince, comme on dit ! A-t-on jamais vu rectification plus indispensable et plus propre à ébranler les esprits ? Richard Bastien lui-même en est tout retourné ! Une pareille secousse argumentative, je le prédis, guérira même les économistes de Liberté politique. Et que dire de cette tartine hypercalorique, où Abel, extralucide, annonce qu’Égards, « en ce temps de recul des conservateurs nord américains [sic], cherche ses marques [sur le plan doctrinal] » ? Égards, ce n’est un secret pour personne, a toujours été à la remorque du conservatisme américain, et même à sa solde. On n’a qu’à voir les douceurs que les membres du comité de rédaction se payent grâce à cet acoquinement.

Mais ce qui m’a jeté dans les délices, ce sont les sucreries que Luc Abel m’a offertes à titre personnel. Avec l’assurance d’une maman clairvoyante ou d’un instituteur perspicace, il m’a tiré l’oreille, manière conservatrice de cajoler un délinquant : il a discerné en moi du plagiaire. Sans autre cérémonie, il s’est contenté de citer une de mes Entailles et de conclure : « Du Gomez Davilla [sic] recraché sans gêne ». Comment n’aurais-je pas été congestionné d’émerveillement devant un chroniqueur aussi sagace, qui pousse sa créativité jusqu’à orthographier « Nicola Gomez Davilla » au lieu de Nicolás Gómez Dávila ? Difficile de ne pas se laisser gagner par l’émotion. D’ailleurs je m’avoue découvert, et je confesse que pas une seule ligne n’est de moi dans les Entailles, que j’ai dévalisé non seulement Gómez Dávila, mais aussi Léon Bloy, Cioran, Baudelaire, Ambrose Bierce, Botho Strauss, Jean Renaud, Gustave Thibon, Sénèque, Shakespeare, Claude Blanchard, mon grand-père maternel et sans doute quelques autres, dont j’ai oublié les noms.

« Le plagiat est la base de toutes les littératures, excepté de la première, qui d’ailleurs est inconnue », disait Jean Giraudoux. Abel comprend-t-il le sens de cette parole ? Sait-il que l’hommage, en littérature, peut prendre diverses formes, se présenter sous différents visages ? Qu’il n’y a aucune honte ni aucune vilenie à s’inscrire dans une tradition, à se reconnaître tributaire de ceux qui sont venus avant nous, à appartenir à la même famille qu’un homme mort depuis quinze ans ou quinze siècles et à s’approprier le patrimoine familial pour l’enrichir de ses larmes et de son sang ? Conçoit-il que l’hommage à voix basse puisse être plus éloquent, plus riche encore que la note de bas de page ? Qu’il puisse témoigner de ce que j’appellerais une communion ontologique ? « C’est dans le fond des esprits que sont les littératures », disait Joubert. Et encore : « Le je ne sais quoi, en littérature, se moule à chaque esprit, à chaque goût ; c’est comme un mets exquis où se trouvent réunies toutes les sortes de saveurs, et qui se change, au goût de ceux qui s’en nourrissent, en l’aliment que chacun d’eux préfère. » Voilà ce que peut accomplir l’œuvre d’un maître : elle possède le pouvoir de sculpter les âmes. Abel peut-il comprendre que les analogies qu’il repère entre mes Entailles et les Scolies de Gómez Dávila ne sont pas tant de l’ordre de la « ressemblance notionnelle » que de l’ordre de la « sollicitation assimilatrice » (Maurice Blondel) ? Que j’ai été brûlé au feu de l’homme de Bogotá ? Et que c’est la vieille et invincible admiratio qui m’anime ? Baudelaire, pris d’admiration pour ses maîtres, ira jusqu’à écrire : « De Maistre et Edgar Poe m’ont appris à raisonner. » Parole sans équivoque. Un livre n’est grand que s’il nous carbonise, nous consume et nous laisse couvert de stigmates. Est-on vraiment le même homme après Le Roi Lear, Les Démons ou La Montée du Carmel ? Luc Abel n’a qu’à répondre selon son goût (sa bonbonnière est pleine de pastilles au chocolat et de caramels mous). Mais il est douteux qu’il saisisse un jour pourquoi ses « non-lectures préfabriquées » (George Steiner) alimentent la présomption de l’esprit moderne, devenu incapable d’aimer et de contempler à force de revendications égalitaires, de calculs historicistes et de démangeaisons herméneutiques. Quant à moi, ayant tout avoué, tout confessé, il ne me reste plus qu’à attendre tranquillement la prochaine distribution de sucettes.

(...)

Lisez la suite dans le numéro 25 d'ÉGARDS
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LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


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LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010