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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de 'société sans classes'.

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
par Patrick Dionne et Luc Gagnon
(Publié dans le numéro 25 d'ÉGARDS le 5 novembre 2009)


Ici on liquide la mémoire des grands hommes (texte intégral)

 

Le Canada est le paradis de l’homme d’affaires,

c’est l’enfer de l’homme de lettres.

Jules Fournier

Le Canada, paradis de l’homme d’affaires ! Qui songerait à le contester, sinon un vieux garçon revêche ou un blagueur invétéré ? Une nouvelle preuve nous en est donnée avec l’annonce du démantèlement du Centre de recherche Lionel-Groulx (CRLG) et du transfert de ses fonds d’archives à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Car ce sont des motifs strictement financiers, nous assure-t-on, des raisons d’affaires, qui sont à l’origine de cette décision. De petites angoisses de comptables, rien de plus. Mais ces petites angoisses ont énervé les gestionnaires de la Fondation Lionel-Groulx (FLG), qui ne voient pas d’autre issue que de s’en remettre à l’État, solution miracle à tous les problèmes de la société québécoise depuis quarante ans. Cette mentalité d’assisté est le symptôme le plus éloquent d’une démission généralisée. Mais quand elle s’accouple avec la mentalité de comptable, le pire est à craindre. En témoigne ce mot définitif de Claude Béland, président du conseil d’administration de la FLG et « grand humaniste du monde financier », prononcé lors des délibérations concernant l’avenir du CRLG : « Groulx a peut-être donné sa maison et ses archives, mais pas l’argent qui va avec. » Ces paroles chevaleresques révèlent une hauteur de vue peu commune. Et au fond, tout tient à cette phrase. Car quelle importance peut bien revêtir aux yeux d’un homme aussi spirituel la paperasse d’un vieil historien catholique ? Qu’a-t-il à faire du souffle originel qui donna naissance à cette belle institution, des vues profondes et des espérances de son inspirateur, du dévouement exceptionnel de Juliette Lalonde-Rémillard à l’édification de l’œuvre – car c’est une œuvre –, des études historiques d’envergure nées ou peaufinées au CRLG, de la confiance que les donateurs ont manifestée au Centre en cédant leurs archives personnelles ? Qu’importe tout ça à un homme comme Claude Béland ? On le devine trop bien, hélas !

Monsieur Béland est un gestionnaire, certes, et non pas un homme de lettres. Mais c’est un chercheur, à sa façon. Son rôle, à la Fondation, n’est-il pas précisément de trouver et de convaincre des portefeuilles nantis de venir en aide au CRLG, de devenir ce qu’on appelait jadis des mécènes ? Car ce dont a besoin le CRLG, c’est de mécènes : c’est grâce à eux qu’il est né, s’est développé et a survécu jusqu’à aujourd’hui. Toute civilisation s’édifie grâce au mécénat, qui n’a rien à voir avec la philanthropie, cette combine de fiscalistes intéressés. Mais Claude Béland et les administrateurs de la FLG ont été incapables de trouver des mécènes (et non des investisseurs, car le CRLG n’est pas un Canadian Tire – dois-je le leur rappeler ?) avant que la débâcle ne survienne, avant que la fermeture du CRLG n’apparaisse comme l’unique solution. Comment des gestionnaires soi-disant compétents ont-ils pu échouer aussi lamentablement, et aussi vite, demeure énigmatique.

Tout cela manque absolument de grandeur. Mais rien n’égale en bassesse l’attitude générale des administrateurs de la FLG, qui se permettent de bafouer l’honneur de Lionel Groulx de la manière la plus éhontée – sous son propre toit ! « Mon cher abbé, semblent-ils dire, vous ne faites plus vos frais, vous devez fermer boutique. » Faire ses frais ! « Cela n’a rien à voir avec l’honneur », répondront-ils de leur air le plus contrit. Mais ce beau mot d’honneur signifie-t-il quoi que ce soit pour des technocrates obnubilés par l’utile, pour qui une paire de bottes ou un bidon de pétrole valent plus que Shakespeare ? Rien n’est moins sûr. Lionel Groulx, mauvais payeur ! Une fois encore, la rhétorique petite-bourgeoise du boutiquier, la « morale de comptoir », comme l’appelait Baudelaire, aura supplanté le sens de l’honneur et de la gratitude.

À quelle digne besogne affectera-t-on la FLG, le jour où on l’aura dépouillée de tous ses fonds d’archives, et donc de son âme ? À faire « la promotion de l’enseignement de l’histoire », comme l’affirmait le directeur de la Fondation, Philippe Bernard, dans le Devoir du 10 juin dernier ? Soyons sérieux. Quelle histoire promouvra-t-on sans archives, sans livres, sans revues, sans chercheurs, dans une maison vide ? Claude Béland, inénarrable, évoquait même la possibilité de créer de « nouvelles bourses destinées à soutenir des publications sur l’histoire du Québec » (Le Devoir, 13 août 2009). Ce gestionnaire a-t-il déjà oublié le demi-million de déficit de la Fondation ? Un détail, sans doute. Et qu’adviendra-t-il de la riche bibliothèque personnelle du chanoine que plusieurs chercheurs, dont moi-même, ont épluchée pendant des années ? Qu’adviendra-t-il de l’édition critique de sa correspondance, longtemps parrainée par la FLG ? Qu’adviendra-t-il du bel édifice qui abritait le CRLG, ancien lieu de résidence de Groulx où sont encore conservés maints objets lui ayant appartenu ? Le conseil d’administration de la FLG est-il composé uniquement de gérants de casse-croûte prêts à tout sacrifier à des motifs comptables ? Si la réponse s’avère positive, Monsieur Béland n’aura plus qu’à faire voter l’installation d’une nouvelle plaque commémorative, à l’entrée du 261 Bloomfield. Ce sera une jolie plaque consacrant le triomphe des hommes d’affaires sur les hommes de lettres, sur laquelle on pourra lire : Ici on liquide la mémoire des grands hommes.par Luc Gagnon

Voilà l’œuvre du « Blocus québécois » à la Chambre des communes d’Ottawa : perturber le fonctionnement du gouvernement canadien et faire avancer la culture de mort dans notre pays. On se souvient que Gilles Duceppe, leader à la Fidel Castro, avait interdit à ses députés « bloqueurs » d’appuyer le printemps dernier le projet de loi C-484, pour protéger les femmes enceintes et leurs fœtus contre la violence des agresseurs criminels. L’ex-militant marxiste appuie aujourd’hui à cent pour cent sa bonne députée Francine et son projet de loi pro-mort. On verra quelle sera la réaction de ses autres députés moutonniers et rampants : vont-ils encore tous appuyer la culture de mort ? Cette bande de prébendés et de pensionnés parasitaires est une honte pour le Québec.

(...)

La Républik de Montréal-Nord

Fredy Villanueva, jeune homme de dix-huit ans de famille hondurienne, a été tué le 9 août 2008 par un policier à la suite d’une altercation dans un parc de Montréal-Nord. Il avait attaqué physiquement les policiers pour défendre son frère Dany, interpellé par les policiers, parce qu’il ne devait pas fréquenter ce parc par ordre de la cour de justice. Le lendemain, le 10 août 2008, une émeute a embrasé Montréal-Nord en réaction à la soi-disant « brutalité policière » raciste. Les policiers pratiqueraient de la discrimination contre les « jeunes » issus de l’immigration noire et latino-américaine.

Les agitateurs politiques gauchistes, comme le « chanteur » Luck Mervil, se sont emparés de cette question pour attiser la haine raciale, qui n’existe pas vraiment au Québec.

par Luc Gagnon

 

 

L’« euthanazisme » et le « Blocus québécois »

Une députée du Bloc québécois, Francine Lalonde, a présenté pour une troisième fois le 12 février 2009 un projet de loi privé pour « le droit de mourir avec dignité » ! C’est vraiment ubuesque : pourquoi pas le droit d’assassiner avec politesse ? Cette vieille députée gauchiste désire encore une fois manipuler la vie humaine à la fin du parcours terrestre. Comme avec le projet de loi C-407 qu’elle avait présenté en 2005, elle veut qu’une personne puisse « aider » une autre personne à commettre un suicide : c’est vraiment démoniaque. Et c’est de « l’acharnement législatif ».

par Patrick Dionne (...)

Lisez la suite dans le numéro 25 d'ÉGARDS
Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Élection de Benoît XVI



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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010