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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de 'société sans classes'.

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
Hors du latex, point de salut…et Le cours Éthique et culture religieuse ou la dictature du fait accompli

par Pierre Desroches et Luc Gagnon
(Publié dans le numéro 24 d'ÉGARDS le 21 juin 2009)


Pierre Desroches, Hors du latex, point de salut…(texte intégral)
Il y a dans nos sociétés fortement médiatisées une pensée unique qui se répand à la vitesse de l’éclair. Il y a des prêts-à-penser comme des prêts-à-porter qui font l’économie d’une réflexion digne de ce nom. La confusion est grande, parce qu’en refusant de reconnaître toute autorité nous sommes devenus les tenants d’une pensée anarchique et chaotique.
 
Nous avons un problème de parole, et une parole c’est plus que des mots, c’est l’engagement d’un être qui pour affirmer une réalité est prêt à y mettre le prix de sa vie. À ce point, on est loin des discours et tout proche de l’amour. Dans le christianisme, la parole c’est quelqu’un : c’est le Christ livré pour la rémission de nos péchés. Non seulement Dieu ne retient rien contre nous, mais pour nous affranchir, il va jusqu’au don de lui-même. Sublime folie, dans un monde où le mot d’ordre n’est même plus « fais tout ce que tu veux », mais bien « ne m’embête pas avec ce qui t’arrive » !
 
Or nous sommes justement dans un monde où le mal et la souffrance abondent ; et la tentation de nous en laver les mains comme Pilate est grande. En cette ère de libéralisme, nous avons vu s’effondrer de grandes sociétés qui passaient pour des joyaux du capitalisme et qui se sont enrichies de façon virtuelle en faisant payer la note à des êtres très réels. Nous sommes témoins chaque semaine de violences familiales, d’atteintes à la dignité de l’être humain sous de multiples formes, de suicides, d’une progression de la maladie mentale et de bien d’autres maux dont les pages des journaux sont remplies et dont nous pouvons constater les ravages jusque dans la vie de nos proches.
 
Et pourtant Dieu aime ce monde, et loin d’être complice de tous nos maux, il se donne et se livre pour que nous puissions trouver le chemin de la sortie. Il n’y a pas si longtemps un homme, Benoît, pape, a visité l’Afrique. Il s’y est rendu comme successeur de Pierre. Son pouvoir avait la pauvreté d’une parole ; il a osé dire qu’il ne croyait pas que le condom était la solution entière, complète, totale au mal qui tenaille la chair de nos frères africains, et qui tue. Il ne s’est pas pris pour un ministre de la santé publique, il n’a pas dit quoi faire aux autorités politiques, il n’a pas abordé la question dans sa dimension physique, mais plutôt spirituelle. Mais sa pensée ne faisait pas corps avec les lieux communs. Il a passé pour un imbécile.
 
Mais qu’a-t-il dit ? De quoi a-t-il parlé ? Il a déçu. N’aurait-il pas pu nous dire qu’après deux mille ans de christianisme, le salut nous a été donné par le latex ? On l’aurait acclamé, on aurait trouvé que l’Église catholique a fait un bond prodigieux en avant… Mais il n’a pas parlé de ça. De quoi a-t-il parlé alors ? Pour le savoir, il faudrait s’intéresser à ce qu’il a dit et aller à la source pour éviter les interprétations toutes faites. Il faudrait essayer de saisir le sens de ses paroles à partir de la situation qui est la sienne.
 
Je vous encourage d’ailleurs à faire la même chose pour vos proches. Et je vous encourage à dire vous-mêmes ce que vous avez à dire au lieu de laisser parler les autres à votre place. Car affirmer une parole, c’est exister. Il nous est très facile de ne pas être en ne disant jamais rien.
 
Ce que j’ai entendu, c’est un homme qui nous a parlé d’une humanisation de la sexualité, ce qui pourrait être à moyen terme une solution plus durable. Il nous a rappelé aussi que certains idéaux chrétiens peuvent difficilement être accessibles et même significatifs pour tous. Il a remercié enfin tous les hommes de bonne volonté qui choisissent de ne pas se préserver d’être en relation avec des personnes atteintes du VIH.
 
Luc Gagnon, Le cours Éthique et culture religieuse ou la dictature du fait accompli
Mario Dumont a défendu lors des dernières élections provinciales de 2008 une position de bon sens pragmatique qui aurait pu éventuellement faire déraper le cours d’éthique et de culture religieuse : la demande d’un moratoire sur l’application du cours. Les parents auraient alors pu mieux s’organiser pour résister contre ce rouleau compresseur qui s’en venait à toute vitesse à l’automne 2008.
 
On dira que les parents n’avaient qu’à organiser la résistance antérieurement. L’obstacle qui rendit impossible cette mobilisation fut le consensus des élites intellectuelle, religieuse, sociale et politique qui ont accepté et appuyé ce cours. Le peuple fut alors abandonné dans le vide et l’ignorance. L’ADQ ne s’est associée au mouvement populaire que tardivement parce qu’elle voyait venir le désastre électoral de l’automne 2008 et qu’elle considérait ce mouvement comme une possible bouée de sauvetage : Dumont fut pragmatique, mais également électoraliste et calculateur. Ce fut trop peu, trop tard. Le coup de Jarnac des évêques québécois du 17 mars 2008, alors qu’ils décidaient dans une position officielle « d’accompagner et d’observer » l’application du cours, avait d’ailleurs fortement réduit l’ardeur adéquiste, ce qui est compréhensible.
 
En fait, les évêques ont abandonné leurs fidèles. Ils étaient le seul segment de l’élite québécoise qui aurait pu donner une certaine ampleur à la résistance populaire et qui aurait pu alerter les parents devant le danger relativiste du cours ÉCR. Seul le Cardinal Ouellet, parmi l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, a défendu publiquement et valeureusement les droits des citoyens chrétiens du Québec contre la « dictature du relativisme » (selon le mot du Cardinal Ratzinger dans son sermon de la messe d’entrée au conclave de 2005). L’AECQ est restée fidèle à sa pusillanimité postconciliaire. Un jour, nos évêques devront en faire un autre mea culpa, mais alors les courageux évêques actuels seront tous morts. Les chrétiens de demain se souviendront de leur trahison et de leur lâcheté. (...)

Lisez la suite dans le numéro 24 d'ÉGARDS
Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010