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Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de 'société sans classes'.

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



BABEL OU LE NOUVEAU PROGRAMME D’ENSEIGNEMENT RELIGIEUX AU QUÉBEC
par Douglas Farrow
(Publié dans le numéro 19 d'ÉGARDS le 29 mars 2008)


(…) Il convient de souligner que le nouvel enseignement imposé en vertu du projet de loi 95, tout en s’affichant comme modèle de diversité, est en réalité « à taille unique ». Selon les agents de l’État, il a pour noble ambition de faire en sorte que tous les jeunes Québécois (y compris mes propres enfants d’âge scolaire) se convertissent au pluralisme idéologique. Comme le déclarait candidement le conseiller pédagogique Georges Leroux : « Nos enfants seront meilleurs que nous parce qu’ils seront d’abord plus ouverts à la diversité religieuse et morale et plus investis dans un pluralisme normatif. Ils croiront qu’il est préférable d’être pluriel que d’être homogène. » Aussi bien dire qu’il vaut mieux être des « pluralistes homogènes », car telle est bien la fin poursuivie. Le « pluralisme normatif » a pour objet non pas d’appuyer la diversité, mais de la supprimer. Ce qui se cache derrière cette expression, c’est l’idée qu’il ne saurait y avoir de normes autres que celles de l’État. Le principal document de consultation sur le nouveau programme précise d’ailleurs que son but est de « permettre aux élèves du Québec d’acquérir une culture religieuse cadrant avec les orientations ministérielles ».

Cet étatisme consternant ressort très clairement du projet de loi 19, qui nie les droits de la famille et le droit à la liberté religieuse. En 1997, à titre de ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion a déposé au Parlement fédéral la résolution modifiant la Loi constitutionnelle, ce qui l’a amené à déclarer alors que « le droit à l’instruction religieuse sera dorénavant garanti en vertu de l’article 41 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, un document qui, selon la Cour suprême du Canada, a une valeur quasi constitutionnelle ». Mais on s’est vite rendu compte que cette garantie n’a aucune valeur. Lorsque le projet de loi 95 a été adopté en 2005, la Charte du Québec a été elle-même modifiée en l’espace d’une nuit – l’expression est à prendre à la lettre puisque la modification n’a fait l’objet d’aucun débat public et a été adoptée après une période de 12 heures de consultations particulières.

L’ancienne version de l’article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés octroyait aux parents « un droit d’exiger que, dans les établissements d’enseignement public, leurs enfants reçoivent une éducation morale et religieuse conforme à leurs convictions. » La nouvelle version leur accorde uniquement « le droit d’assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l’intérêt de ceux-ci. » Et tant pis pour les garanties quasi constitutionnelles ! Sans même que les Québécois aient eu le temps de réagir, on leur a retiré un droit public. Même le droit privé sous-jacent a été limité par le pouvoir de l’État de passer outre aux convictions des parents concernant ce qu’ils estiment être ou ne pas être dans le meilleur intérêt de leurs enfants. (...)

Lisez la suite dans le numéro 19 d'ÉGARDS
Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





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Dernière mise à jour : 23 juillet 2010