Pour vous abonner ou
acheter un numéro d'ÉGARDS
cliquez ici...


LE NUMÉRO 26 D'ÉGARDS
EST DISPONIBLE DÈS MAINTENANT
EN LIBRAIRIE, SUR ABONNEMENT OU EN FORMAT PDF
Sections
 ACCUEIL
 DÉCLARATION FONDAMENTALE
 ARCHIVES
 ÉGARDS, LE BLOG  
 AUDIO-VIDÉO  
 LES IMPRIMABLES
 BRIBES DE LECTURE
 RÉACTIONS
 COMMUNIQUÉS
 DOSSIERS
 ÉVÉNEMENTS
 OÙ TROUVER ÉGARDS
 ABONNEMENT/ACHAT
 NOUS ÉCRIRE
 LIENS D'INTÉRÊT
 RECHERCHE AVANCÉE
 DÉPÊCHE ÉGARDS
 ENGLISH TEXTS  

Les 6 principes
d’une résistance conservatrice

Notre résistance antiétatique s´inspire des principes traditionnels d’une pensée conservatrice tels que les résuma admirablement, en six points, l´essayiste américain Russell Kirk :

1. La croyance en un ordre transcendant (ou à un corps de lois naturelles) appelé à régir la société ainsi que la conscience.

2. Un attachement envers la variété luxuriante et le mystère de l´existence humaine et une horreur sacrée envers l´uniformité étriquée, les objectifs égalitaristes et utilitaristes de la plupart des systèmes radicaux.

3. La conviction qu´une société civilisée exige des ordres et des classes et le rejet de la notion absurde de 'société sans classes'.

4. La certitude que la liberté et la propriété sont étroitement liées, qu´avec l´abolition de la propriété privée, on se retrouverait dans l´antre du Léviathan.

5. La méfiance envers les sophistes, les calculateurs et les économistes qui désirent reconstruire la société sur des conceptions abstraites.

6. La prise de conscience que le changement peut ne pas être salutaire, qu´une innovation ou qu´une réforme précipitée provoque quelquefois des effets dévastateurs au lieu d´être un facteur de progrès.



Denys Arcand et l’âge de la vérité
par Carl Bergeron
(Publié le 2 décembre 2007)


(Texte paru dans La Presse, 2 décembre 2007)

Il fallait qu’Arcand tourne enfin un grand film pour se faire désavouer par tout le monde et quitter la scène sous les huées. Car qui croira qu’Arcand tournera de nouveau? Que pourrait-il faire d’autre après L’âge des ténèbres? Pour une fois, Denys Arcand aura eu le courage de montrer la vérité, rien que la vérité et toute la vérité. Un peu trop au goût de certains, comme ce chroniqueur de La Presse qui, dans un élan de jeunisme, a qualifié L’âge des ténèbres de « film de mononcle ». Comme c’est bête! Mais, mes pauvres amis, le Québec « caricatural » qui est montré dans L’âge des ténèbres, ce n’est pas celui du voisin, c’est le vôtre : égalitarisme fanatique, féminisme totalitaire, misère sexuelle, puritanisme appuyé, ésotérisme managérial et festivisme programmatique forment en effet, pour l’essentiel, le substrat anthropologique de la vie nationale.
 
Des exemples? Il y a quelques mois, le Conseil du statut de la femme formulait la recommandation que la Charte dite des « droits et libertés » soit amendée pour faire primer « l’égalité entre les hommes et les femmes » sur la liberté de religion, annonçant ainsi une formidable régression en matière de libertés civiles. Deux semaines plus tard, le premier ministre s’engageait à déposer un projet de loi en ce sens. Le 19 novembre dernier, tous les partis de l’Assemblée nationale (y compris l’ADQ), accompagnés d’idéologues radicaux de la Coalition gaie et lesbienne, se disaient en faveur d’une « politique contre l’homophobie ». Ce qui veut dire qu’il ne sera bientôt plus permis par la loi d’émettre une critique dans la sphère publique (et, de plus en plus, dans la sphère privée) sur les desseins pervers de l’homosexualité militante, notamment à travers des festivals obscènes comme Divers/Cité, pourtant financés avec l’argent des contribuables. Cette année, le « Ministère de la Culture » devenait aussi celui de « la Condition féminine », institutionnalisant dans l’indifférence générale un amalgame complètement cinglé entre « culture » et « idéologie ». Ah! j’oubliais : il y aussi le tabagisme. Et l’automobile. Et la malbouffe dans les écoles, proscrite par notre bonne fée Michèle Courchesne. Le premier ministre a même promis, en septembre dernier, de modifier les règlements sur le zonage pour aider notre bonne fée à appliquer son programme de rééducation intégrale. Tout cela alors qu’on annonce des investissements publics sans précédent pour des « installations festives permanentes » au centre-ville, capables d’abrutir sans distinction de race ni de sexe les prochaines générations de Québécois. C’est ça le Québec de 2007. Le Québec réel. Un État monstrueux régnant sur un micro-pays sans défense et sans culture.
 
Le puritanisme postmoderne n’en finit plus de ravager nos vies, de semaine en semaine, de mois en mois, et il semble que la vague ne soit pas près de ralentir. Arcand prétend qu’elle nous amène directement vers un « âge des ténèbres ». C’est la fin du mythe progressiste des Lumières, de la perfectibilité infinie de l’homme, et le retour à un âge de pierre sans foi ni loi, où triomphent l’extrémisme, la barbarie et les instincts. Nous y sommes déjà en bonne partie, dit Arcand, l’enfer c’est maintenant, et rien ne pourra nous permettre de nous en échapper, pas même la redoutable machine hollywoodienne, représentée ici par le personnage de Diane Kruger, Veronica Star. Les petits jeux chevaleresques avec des femmes « mystérieuses » pas baisables non plus. Perte de temps pour tout le monde. La réalité, c’est la maladie, le dépérissement, la haine partagée et « la désintégration ».
 
Arcand a réglé ses comptes avec le petit milieu et c’est bien fait pour tous les vaniteux – tout le bottin de l’UDA se retrouve dans le film – qui se sont précipités sur L’âge des ténèbres en pensant participer à un remake des Invasions barbares. Ils s’imaginaient déjà sur la Croisette trinquer avec l’élite du cinéma et marcher dans les pas de Marie-Josée Croze. Mais non. L’âge des ténèbres n’a pas passé, ne passera pas l’étape des canapés et des Oscars. Ce film, dégagé de la compassion fausse parce que dégoulinante des Invasions barbares, n’est pas consensuel, et ne peut pas plaire aux hypocrites qui ont pleuré devant le mélo oscarisé d’Arcand. C’est même un film assassin pour tous ceux qui, de près ou de loin, participent à ce Québec-ci, moderne, égalitaire, bien-pensant, « culturel » et festif. Autant dire 99% des gens.
 
La galerie des personnages secondaires, c’est le luxe cruel d’Arcand, qui se permet de faire parader la femme québécoise dans ses multiples incarnations, toutes écoeurantes : Caroline Néron, Chantal Lacroix, Véronique Cloutier ; elles y sont toutes, en portrait inversé. Fini le fantasme pastel de la télé, sacralisateur, complaisant et mensonger. La première, masculine et dominatrice, se fait humilier, déshabiller et fouetter ; la deuxième, craque de seins à l’air, anime une soirée minable de speed-dating ; tandis que la troisième, robot de la gym, anéantit toute forme de féminité et de charme à des kilomètres à la ronde. Le personnage de Sylvie Léonard, superwoman championne de la vente immobilière, reine des galas « mérite » de Laval et des odyssées adultères au Canada anglais (il faut le faire), est tout particulièrement ignoble. Arcand est dur, mais lucide. La femme moderne québécoise triomphe sur un tas de fumier et il a entrepris d’en démystifier l’étonnante composition.
 
Denys Arcand doit se faire à l’idée : il se fera traiter de tous les noms. Ce n’est qu’un début. Celui qui risquait de ne passser à l’Histoire qu’à titre de ricaneur mondain, un ricaneur talentueux certes, mais mondain tout de même, s’éloigne de nous en même temps qu’il se retire dans sa solitude d’artiste. Comme les pommes de Jean-Marc qui se transforment, le film se concluant, en les pommes de Cézanne, seul le temps nous dira ce qui restera des œuvres d’Arcand. Son film le plus noir se révélera alors peut-être comme son plus lumineux.
 
 
(...)
Sommaire du numéro courant
Numéro 28
Été 2010

UN TÉMOIN DE L’ÉVANGILE : LE CARDINAL MARC OUELLET
 par Benoît Lemaire

LE DIALOGUE ISLAMO-CHRÉTIEN : DU PRINCIPE À LA RÉALITÉ
 par Marie-Thérèse Urvoy

UN MONDE PARODISIAQUE IV
 par Christian Monnin

ENTAILLES IV
 par Patrick Dionne

RESTAURATIONS — ESSAIS POLITIQUES ET CRITIQUES VI RELATIVISME ET TOTALITARISME
 par Jean Renaud


CHRONIQUES

LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES
 par Luc Gagnon et André Désilets

NOTES DE LECTURE
 par Matthieu Lenoir et Benoît Miller

DOCUMENT L’EUTHANASIE : LA MORT ENSAUVAGÉE OU L’ALIÉNATION TOTALITAIRE DE LA PERSONNE
 par François Primeau (MD, LCMC, DPSYCH, CSPQ, FRCPC, BPH, CTH)





* * *

Lire les derniers communiqués:

LE CONGRÈS ISLAMIQUE DOIT SE DISSOCIER D’YVONNE RIDLEY

UN COMMUNIQUÉ IMPORTANT DU WESTERN STANDARD !

FINI LE TROUBLE

Élection de Benoît XVI



Égards sur

CSS valide!

Accueil   |  Déclaration fondamentale   |  Archives   |  Audio-vidéo   |  Bribes de lecture   |  Réactions   |  Communiqués   |  Dossiers
 Événements   |  Où trouver Égards   |  Abonnement/Achats   |  Nous écrire   |  Liens d'intérêt   |  Recherche avancée   |  Dépêche Égards

Copyright© ÉGARDS et ses auteurs
Dernière mise à jour : 23 juillet 2010